Me voilà prêt à faire face à mon démon. J'ai mis des lunettes fumées, un chandail à capuchon et un foulard qui remonte sur mon menton, question de camoufler ma barbe. J'entre dans la librairie, me dirige vers "le" rayon, tente de me donner des airs de connaisseur, un vieil habitué de cette section de la librairie.
Je feuillette quelques bouquins, des revues, et je le vois. Là, je ne peux plus jouer le jeu, dès que je l'aurai pris dans mes mains, pas de niaisage, je dois filer vers la caisse, payer sans jaser avec la caissière, sortir. L'accoutrement n'aura pas servi à rien, je serai méconnaissable et on y verra que du feu.
C'est que pendant les Fêtes, je me suis retrouvé dans un brunch où j'ai laissé aller le morceau, naïvement, sans penser que j'attirerais l'attention sur moi autant. Tout le monde causait, parlait de ses prouesses, détaillait tel ou tel réussite, étonnant la galerie à chaque fois.
Et moi, tout bonnement, de tenter de me joindre à la discussion : He he, c'est que moi, je ne sais pas cuisiner.
Il y eut un silence. Tous les convives se tournèrent vers moi à l'unisson. Quelques secondes qui me semblèrent une éternité.
Et la discussion reprit, un peu comme on fait quand on veut tenter de faire oublier quelque chose, un ennui passager qu'on camoufle.
Je n'ai plus placé un mot de la soirée, ayant compris qu'une espèce de mon genre n'avait pas sa place en société, à moins de se taire, bien entendu.
C'est donc avec un exemplaire de "Cuisiner pour les nuls" que je suis sorti de la librairie cet après-midi, bien décidé à m'y mettre.
Je suis rendu à la page deux. Je vous en donnerai des nouvelles.
samedi 9 janvier 2010
lundi 4 janvier 2010
131. Paix sur terre vous avez dit?
Je pitonnais tout bêtement au Jour de l'An 2010 quand j'ai vu la scène aberrante de la Rose Parade aux Zétats. Comme grand invité d'honneur, espèce de Père Noël en fin de parade, on avait choisi Sullenberger, ce pilote qui avait réussi à faire atterrir son boeing sur l'Hudson, sauvant la vie de centaines de passagers, et la sienne, on s'entend là-dessus.
De chaque côté de l'auto qui le transportait, des joggeurs garde-du-corps qui guettaient dans la foule l'attentat toujours possible. Et moi de me demander : mais quissé qui voudrait tuer un vieux bonhomme qui a rien fait de mal à personne pis qui a sauvé des vies? Un fou, évidemment. C'est plein de fous, partout.
Des fois je me demande si la haine n'est pas un symptôme de la folie, un petit truc mental, une enfance de merde, des bibittes pas réglées.
J'aime pas tout le monde de la même façon, c'est clair. Mais j'en connais qui m'ont fait chier le tralala et je n'arrive quand même pas à haïr personne au point de leur vouloir du mal, ou même de la malchance. J'arrive pas à comprendre la haïne. C'est un concept qui me dépasse.
Quand une nouvelle année commence tout bonnement comme ça, on apprend vite la première naissance, six secondes plus tard cette année, c'est beau ça. Je sais pas pourquoi mais j'imagine les hopitaux qui tentent de retarder les naissances le plus possible, pour passer à'tivi. L'accoucheur qui pousse sur le bébé pour qu'il reste en-dedans et la mère qui s'en cibouère et qui pousse pour que ça sorte au plus sacrant! C'est beau quand même, le premier bébé de l'année.
Ensuite, ce sera le premier meurtre de l'année. Ça se peut-tu ben que quelque part, y'a un con qui trame quelque chose parce qu'il tripperait de commettre le premier meurtre de l'année?
Le problème avec la paix dans le monde, c'est qu'on est même pu capable de l'imaginer.
Alors je vous souhaite un ti-peu de paix, chez-vous, bien tranquille, une petite sainte crisse de paix bien à vous. Parce que dehors, c'est pas ben beau...
De chaque côté de l'auto qui le transportait, des joggeurs garde-du-corps qui guettaient dans la foule l'attentat toujours possible. Et moi de me demander : mais quissé qui voudrait tuer un vieux bonhomme qui a rien fait de mal à personne pis qui a sauvé des vies? Un fou, évidemment. C'est plein de fous, partout.
Des fois je me demande si la haine n'est pas un symptôme de la folie, un petit truc mental, une enfance de merde, des bibittes pas réglées.
J'aime pas tout le monde de la même façon, c'est clair. Mais j'en connais qui m'ont fait chier le tralala et je n'arrive quand même pas à haïr personne au point de leur vouloir du mal, ou même de la malchance. J'arrive pas à comprendre la haïne. C'est un concept qui me dépasse.
Quand une nouvelle année commence tout bonnement comme ça, on apprend vite la première naissance, six secondes plus tard cette année, c'est beau ça. Je sais pas pourquoi mais j'imagine les hopitaux qui tentent de retarder les naissances le plus possible, pour passer à'tivi. L'accoucheur qui pousse sur le bébé pour qu'il reste en-dedans et la mère qui s'en cibouère et qui pousse pour que ça sorte au plus sacrant! C'est beau quand même, le premier bébé de l'année.
Ensuite, ce sera le premier meurtre de l'année. Ça se peut-tu ben que quelque part, y'a un con qui trame quelque chose parce qu'il tripperait de commettre le premier meurtre de l'année?
Le problème avec la paix dans le monde, c'est qu'on est même pu capable de l'imaginer.
Alors je vous souhaite un ti-peu de paix, chez-vous, bien tranquille, une petite sainte crisse de paix bien à vous. Parce que dehors, c'est pas ben beau...
lundi 28 décembre 2009
130. Nouel blanc
Blanc comme du sable.
À la dernière minute, le prix d'un billet qui se refuse pas, et je suis parti passer la semaine de nouel au chaud. Le père nouel passe là aussi, ç'a l'air.
On décore les palmiers, j'y aurais pas pensé. On vend des sapins de nouel au coin des rues. C'est juste que les vendeurs sont en bedaine au lieu de porter une tuque pis des mitaines. Le reste, c'est pareil. Nouel. Sauf le sapin de nouel en plastique gonflable qui flotte dans la piscine, ça j'en avais jamais vu.
Beaucoup de monde en vacances. Des gens qui passent l'hiver là aussi. Et des gens qui vivent là, tout court, aussi. Sur les autoroutes, des grandes affiches pour faire la promotion de chirurgie plastique. Restez jeunes, qu'ils disent les panneaux. Alors on rencontre beaucoup de gens qui se sont fait étirés la face et qui ont constamment l'air surpris, du genre qu'ils viennent de voir la madone apparaître derrière leur sapin en plastique dans leur piscine. Je sais pas si leur chirurgie elle a fonctionné mais ils sont pognés avec leur air de grand étonné pour le reste de leur vie, c'est quand même pas jojo.
- Hey, t'as l'air surpris!
- T'aurais du voir la facture du chirurgien, tu aurais l'air surpris toi aussi.
Joyeux Noël.
À la dernière minute, le prix d'un billet qui se refuse pas, et je suis parti passer la semaine de nouel au chaud. Le père nouel passe là aussi, ç'a l'air.
On décore les palmiers, j'y aurais pas pensé. On vend des sapins de nouel au coin des rues. C'est juste que les vendeurs sont en bedaine au lieu de porter une tuque pis des mitaines. Le reste, c'est pareil. Nouel. Sauf le sapin de nouel en plastique gonflable qui flotte dans la piscine, ça j'en avais jamais vu.
Beaucoup de monde en vacances. Des gens qui passent l'hiver là aussi. Et des gens qui vivent là, tout court, aussi. Sur les autoroutes, des grandes affiches pour faire la promotion de chirurgie plastique. Restez jeunes, qu'ils disent les panneaux. Alors on rencontre beaucoup de gens qui se sont fait étirés la face et qui ont constamment l'air surpris, du genre qu'ils viennent de voir la madone apparaître derrière leur sapin en plastique dans leur piscine. Je sais pas si leur chirurgie elle a fonctionné mais ils sont pognés avec leur air de grand étonné pour le reste de leur vie, c'est quand même pas jojo.
- Hey, t'as l'air surpris!
- T'aurais du voir la facture du chirurgien, tu aurais l'air surpris toi aussi.
Joyeux Noël.
dimanche 6 décembre 2009
129. Maudit nouel à marde
Beau matin ensoleillé, j'aurais marché au bout du monde avec mon chien si j'avais eu un GPS pour m'indiquer la route. Lui, il aurait été bien d'accord vu que ç'aurait été plein de nouvelles affaires à sniffer.
Au lieu de ça, j'ai été pris d'une envie sordide de ramper sous mon escalier pour aller voir ce qu'il pouvait bien y avoir dans les boîtes de décoration de Noël. Pour être certain de pas rater mon coup, j'ai mis de la musique triste à faire brailler Marie, son bébé, Joseph pis les trois rois mages à s'en moucher sur leurs capes de velours.
C'est que c'est tout plein de souvenirs ces maudites boîtes-là! J'ai retrouvé un ange qui a l'air sur la grosse brosse mais qu'on sortait à tous les ans parce qu'on disait que c'était la blonde de Fripon, le toutou-lapin préféré de mon bébé. J'ai retrouvé un maudit gros chien rouge avec une tuque à pompon qui trônait toujours sur la bibliothèque du sous-sol. Pis j'ai trouvé des milliers de lumières de Noël achetées en spécial après les Fêtes l'année passée par un passant qui pensait passer le prochain Nouel dans les parages.
Pis hier, chu allé magasiner pis y'a don' ben du monde dans les magasins! Pis le monde, sont ben enragés dans les stationnements. Pis là je dois me dépêcher parce que je suis invité à un brunch de Nouel pis je suis un peu en retard. J'ai pas encore emballé le cadeau.
Le soir de Noël, j'aimerais ça qu'il neige un ti-peu. Peut-être que je me taperai une messe de minuit avec une belle chorale qui a pratiqué depuis l'été passé. Ensuite, je reviendrai à la maison, et on ira prendre une grande marche mon chien pis moi, peut-être jusqu'au bout du monde si le Père Noël m'apporte un GPS.
Au lieu de ça, j'ai été pris d'une envie sordide de ramper sous mon escalier pour aller voir ce qu'il pouvait bien y avoir dans les boîtes de décoration de Noël. Pour être certain de pas rater mon coup, j'ai mis de la musique triste à faire brailler Marie, son bébé, Joseph pis les trois rois mages à s'en moucher sur leurs capes de velours.
C'est que c'est tout plein de souvenirs ces maudites boîtes-là! J'ai retrouvé un ange qui a l'air sur la grosse brosse mais qu'on sortait à tous les ans parce qu'on disait que c'était la blonde de Fripon, le toutou-lapin préféré de mon bébé. J'ai retrouvé un maudit gros chien rouge avec une tuque à pompon qui trônait toujours sur la bibliothèque du sous-sol. Pis j'ai trouvé des milliers de lumières de Noël achetées en spécial après les Fêtes l'année passée par un passant qui pensait passer le prochain Nouel dans les parages.
Pis hier, chu allé magasiner pis y'a don' ben du monde dans les magasins! Pis le monde, sont ben enragés dans les stationnements. Pis là je dois me dépêcher parce que je suis invité à un brunch de Nouel pis je suis un peu en retard. J'ai pas encore emballé le cadeau.
Le soir de Noël, j'aimerais ça qu'il neige un ti-peu. Peut-être que je me taperai une messe de minuit avec une belle chorale qui a pratiqué depuis l'été passé. Ensuite, je reviendrai à la maison, et on ira prendre une grande marche mon chien pis moi, peut-être jusqu'au bout du monde si le Père Noël m'apporte un GPS.
jeudi 26 novembre 2009
128. Histoire de tables
Il était une fois des tables.
Il faut savoir qu'au départ, il y avait sept tables.
Alors les sept tables, elles ont décidé de former le Comité des tables.
Autour des tables, on encadre le personnel.
Des fois, il faut leur rappeler quel chapeau ils portent.
Un moment donné, on s'est aperçu que les mêmes personnes étaient assises autour de deux tables alors on a décidé d'éliminer une table.
Il faut tenir compte de ce qui se passe sur le terrain, mais ça laisse des gros trous.
Dans le fond, ce qu'il faudrait, c'est une table avec des dents.
C'était mes notes de réunion des derniers jours. Il y a une chose qui m'a vraiment fait peur, mais comme ça n'avait rien à voir avec les tables, je n'en ai pas parlé plus haut. Je suis certain que ça va vous faire peur aussi; il s'agit d'une coalition de bambins. Les coalitions, ça fait très sérieux. Si les bambins se mettent à s'organiser en coalition, moi ça m'inquiète.
Beaucoup.
Il faut savoir qu'au départ, il y avait sept tables.
Alors les sept tables, elles ont décidé de former le Comité des tables.
Autour des tables, on encadre le personnel.
Des fois, il faut leur rappeler quel chapeau ils portent.
Un moment donné, on s'est aperçu que les mêmes personnes étaient assises autour de deux tables alors on a décidé d'éliminer une table.
Il faut tenir compte de ce qui se passe sur le terrain, mais ça laisse des gros trous.
Dans le fond, ce qu'il faudrait, c'est une table avec des dents.
C'était mes notes de réunion des derniers jours. Il y a une chose qui m'a vraiment fait peur, mais comme ça n'avait rien à voir avec les tables, je n'en ai pas parlé plus haut. Je suis certain que ça va vous faire peur aussi; il s'agit d'une coalition de bambins. Les coalitions, ça fait très sérieux. Si les bambins se mettent à s'organiser en coalition, moi ça m'inquiète.
Beaucoup.
lundi 19 octobre 2009
127. Sur le gros nerf
Je suis là, étendu sur le flanc, presqu'inconscient. Il m'empoigne une épaule, me colle la hanche au mur et j'entends trois craquements d'os bien distincts. Cric. Crac. Croc. C'est la fin de deux semaines de torture, de douleurs lancinantes, continues. Mon nerf sciatique coincé est finalement libéré, alléluia. Le docteur Rowan est mon héro, je ne sais plus comment le remercier.
C'est arrivé tout bêtement deux semaines plus tôt : six heures d'une conduite inconfortable, un mauvais mouvement et ce fameux nerf, le plus long du corps humain, se coince semble-t-il entre deux vertèbres. L'enfer commence. Au début, je me dis, ben voyons ça va finir par passer. Mais ça ne passe pas. C'est d'épuisement que je m'endors, réveillé quelques minutes plus tard mais cette maudite douleur qui reprend de plus belle. J'aurais donné mon âme au diable, si j'en avais une et s'il existait, sans aucune hésitation pour quelques moments de répit.
Il faut dire que les gens sympathisent beaucoup. Tout le monde a une histoire de dos courbatu, de nerf étiré ou pincé. C'est soit la belle-mère, un beau-frère ou, championnes dans le domaine, les femmes enceintes. Pour ce que ça peut avoir de réconfortant, tout le monde veut ton bien et y va de son conseil. J'ai présentement une liste de physiothérapeutes, de chiropraticiens, de massothérapeutes, de masseurs et de masseuses qui ferait rougir les pages jaunes. Et bien sûr, ce sont les meilleurs, ceux qui ont guéri les beaux-frères enceintes.
À chaque fois, j'écoutais les histoires avec un intérêt non-feint, espérant y trouver un truc miracle, une guérison magique, un "pelule" efficace ou un gourou hallucinogène. J'étais prêt à faire un chèque en blanc à n'importe quel charlatant qui m'aurait fait miroiter une guérison, une quelconque amélioration de ma condition.
Finalement, c'est mon patron qui m'a donné le plus grand espoir. De retour d'une petite vacance, il est passé me voir à mon bureau pour discuter d'un dossier. Devant mon visage grimaçant de douleur, il s'est informé de ma santé et je lui ai expliqué le nerf coincé et tout et tout. Il m'a fait le commentaire qui de tous, m'a apporté le plus grand soulagement : Bof, ça va finir par passer...
C'est arrivé tout bêtement deux semaines plus tôt : six heures d'une conduite inconfortable, un mauvais mouvement et ce fameux nerf, le plus long du corps humain, se coince semble-t-il entre deux vertèbres. L'enfer commence. Au début, je me dis, ben voyons ça va finir par passer. Mais ça ne passe pas. C'est d'épuisement que je m'endors, réveillé quelques minutes plus tard mais cette maudite douleur qui reprend de plus belle. J'aurais donné mon âme au diable, si j'en avais une et s'il existait, sans aucune hésitation pour quelques moments de répit.
Il faut dire que les gens sympathisent beaucoup. Tout le monde a une histoire de dos courbatu, de nerf étiré ou pincé. C'est soit la belle-mère, un beau-frère ou, championnes dans le domaine, les femmes enceintes. Pour ce que ça peut avoir de réconfortant, tout le monde veut ton bien et y va de son conseil. J'ai présentement une liste de physiothérapeutes, de chiropraticiens, de massothérapeutes, de masseurs et de masseuses qui ferait rougir les pages jaunes. Et bien sûr, ce sont les meilleurs, ceux qui ont guéri les beaux-frères enceintes.
À chaque fois, j'écoutais les histoires avec un intérêt non-feint, espérant y trouver un truc miracle, une guérison magique, un "pelule" efficace ou un gourou hallucinogène. J'étais prêt à faire un chèque en blanc à n'importe quel charlatant qui m'aurait fait miroiter une guérison, une quelconque amélioration de ma condition.
Finalement, c'est mon patron qui m'a donné le plus grand espoir. De retour d'une petite vacance, il est passé me voir à mon bureau pour discuter d'un dossier. Devant mon visage grimaçant de douleur, il s'est informé de ma santé et je lui ai expliqué le nerf coincé et tout et tout. Il m'a fait le commentaire qui de tous, m'a apporté le plus grand soulagement : Bof, ça va finir par passer...
jeudi 8 octobre 2009
126. Un taxi (suite et fin)
C'est un peu de ma faute, c'est moi qui avais engagé la conversation au sujet de l'affichage dans l'aérogare.
Mais je n'en demandais pas tant.
On est ensuite passé à la météo du coin. Moi, je lui dis qu'il fait beau à Québec.
Lui, il me répond que c'est vrai, mais que c'est pas une raison pour s'imaginer que l'hiver ne va pas se pointer.
Et l'hiver, il me précise que ce sera son dernier.
C'est vrai que j'aurais pu dire un « ouan » et m'en tenir à ça. Mais du fond de son taxi, je me demande bien pourquoi ce sera son « dernier ». Un cancer? Il est en phase terminale? Alors je ne peux pas m'empêcher et je lui demande : Pourquoi vous dites le dernier?
Alors son visage s'illumine.
Il vient de s'acheter une motorisée. Avec deux pop-outs. Une grosse. Trente-cinq pieds monsieur.
C'est son copain Michel qui l'a trouvé pour lui. Son copain Michel, il a une blonde que mon chauffeur de taxi appelle « sa bibitte ». Là, je me demande si la blonde de Michel aime se faire appeler « la bibitte » mais finalement, ça n'a pas grand chose à voir avec l'histoire.
Michel savait que l'autre se cherchait une motorisée. Par un beau dimanche après-midi, Michel se promenait sur le boulevard Charest quand il l'a aperçue. (On se dirigeait justement vers Charest et il m'informe qu'il va me montrer exactement où était stationnée la motorisée. Pas besoin de vous dire que j'ai hâte.)
Donc, dimanche, Michel sur Charest qui se promène (avec ou sans sa bibitte, j'ai oublié de lui demander) et il tourne autour de la motorisée quatorze fois.
Dans ma tête, il y a eu comme une pause et je ne l'écoutais plus que distraitement. Quatorze? Pourquoi quatorze? Et qui est-ce qui compte le nombre de fois qu'il fait le tour de quelque chose?
La chance dans toute l'histoire, c'est justement que la « bibitte », elle n'aimait pas les grosses. Et trente-cinq pieds, ça tombe dans la catégorie des grosses alors Michel, il ne pouvait pas l'acheter. C'est là qu'il a eu l'idée d'en parler à son copain, qui lui, justement, en cherchait une grosse. Avec autant de pop-outs que possible.
Alors, en passant, j'ai vu « l'emplacement » de la motorisée qu'il a acheté, me suis montré intéressé (ça me dépasse encore), ai regardé le photos de la maison/chalet qu'il serait prêt à « laisser-aller » pour 275 000 $ mais il faut pas le dire à personne car il se peut qu'il essaie de la vendre à 299 000 $ l'été prochain. Alors, chut!
Mais je n'en demandais pas tant.
On est ensuite passé à la météo du coin. Moi, je lui dis qu'il fait beau à Québec.
Lui, il me répond que c'est vrai, mais que c'est pas une raison pour s'imaginer que l'hiver ne va pas se pointer.
Et l'hiver, il me précise que ce sera son dernier.
C'est vrai que j'aurais pu dire un « ouan » et m'en tenir à ça. Mais du fond de son taxi, je me demande bien pourquoi ce sera son « dernier ». Un cancer? Il est en phase terminale? Alors je ne peux pas m'empêcher et je lui demande : Pourquoi vous dites le dernier?
Alors son visage s'illumine.
Il vient de s'acheter une motorisée. Avec deux pop-outs. Une grosse. Trente-cinq pieds monsieur.
C'est son copain Michel qui l'a trouvé pour lui. Son copain Michel, il a une blonde que mon chauffeur de taxi appelle « sa bibitte ». Là, je me demande si la blonde de Michel aime se faire appeler « la bibitte » mais finalement, ça n'a pas grand chose à voir avec l'histoire.
Michel savait que l'autre se cherchait une motorisée. Par un beau dimanche après-midi, Michel se promenait sur le boulevard Charest quand il l'a aperçue. (On se dirigeait justement vers Charest et il m'informe qu'il va me montrer exactement où était stationnée la motorisée. Pas besoin de vous dire que j'ai hâte.)
Donc, dimanche, Michel sur Charest qui se promène (avec ou sans sa bibitte, j'ai oublié de lui demander) et il tourne autour de la motorisée quatorze fois.
Dans ma tête, il y a eu comme une pause et je ne l'écoutais plus que distraitement. Quatorze? Pourquoi quatorze? Et qui est-ce qui compte le nombre de fois qu'il fait le tour de quelque chose?
La chance dans toute l'histoire, c'est justement que la « bibitte », elle n'aimait pas les grosses. Et trente-cinq pieds, ça tombe dans la catégorie des grosses alors Michel, il ne pouvait pas l'acheter. C'est là qu'il a eu l'idée d'en parler à son copain, qui lui, justement, en cherchait une grosse. Avec autant de pop-outs que possible.
Alors, en passant, j'ai vu « l'emplacement » de la motorisée qu'il a acheté, me suis montré intéressé (ça me dépasse encore), ai regardé le photos de la maison/chalet qu'il serait prêt à « laisser-aller » pour 275 000 $ mais il faut pas le dire à personne car il se peut qu'il essaie de la vendre à 299 000 $ l'été prochain. Alors, chut!
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