La semaine dernière, quand j'ai dû apporter ma bagnole chez un spécialiste parce qu'on avait versé je-ne-sais-trop quelle cochonnerie dessus, le commerçant m'avait fait un commentaire que j'avais trouvé insignifiant : Ahh ces bandits, ils savant toujours quelle auto choisir. C'est vrai que la Tercel 1982 de mon voisin n'avait pas été vandalisée, mais quand même.
J'arrive d'une superbe fin de semaine à Montréal où c'était carrément l'été. On sait bien qu'à Montréal, rien n'est plus encombrant qu'un auto alors j'avais pris soin de me stationner sur une rue tranquille, après avoir décodé tous les messages secrets que la ville affiche pour déterminer si j'avais bien le droit de me garer pour deux jours à cet endroit. Malgré mes précautions, je m'attendais à un billet de stationnement comme ça m'arrive souvent. Au lieu d'un billet, mon auto avait reçu un coup de botte, ou je ne sais quoi, juste pour y faire un petit dommage pas bien grave, juste pour écœurer. Et le commentaire du commerçant m'est revenu : les bandits savent choisir.
La morale de cette histoire : pour vivre tranquille aujourd'hui, mets une couche à ton chien après la brunante et si ta bagnole se fait un peu remarquer, laisse-la dans ton garage.
...
C'est un peu chiant tout ça, mais ce qui est encore plus chiant, c'est que tout ça semble bien normal. Depuis qu'il m'est arrivé ces incidents - on s'entend que celui de Montréal n'est pas relié aux deux autres - j'en ai parlé à droite et à gauche pour réaliser que tout ça frise le normal. Tout le monde connaît un endroit « où il ne faut pas aller » et tout le monde sauf moi savait qu'à moins d'être propriétaire d'une Tercel 1982, on ne laisse pas sa bagnole coucher dehors.
J'en apprends des affaires moi là là...
lundi 5 avril 2010
lundi 29 mars 2010
139. Erreur sur la personne
Samedi matin, j'ai eu la désagréable surprise de retrouver un truc curieux sur mon pare-brise d'auto. Habituellement, je la stationne dans le garage mais comme j'effectue des rénovations dans le sous-sol, j'y avais entreposé des meubles et la bagnole était à la belle étoile.
Ça ressemblait à du sirop d'érable et j'étais prêt à me faire un partie de cabane à sucre. Mais ça n'en était pas. C'était un genre de résine, ou de colle, mais en tout cas, il était impossible de le décoller. Et comme le tout avait coulé un peu sur le capot, je n'ai pas pris de chance et je l'ai apporté à des spécialistes de la chose. 350$ plus tard, je ne savais toujours pas ce que c'était mais l'auto était impeccable.
Je n'ai pas fait de profonde réflexion à savoir ce qui c'était passé : des jeunes qui veulent faire un niaiserie. Je me souviens quand même m'être demandé pourquoi le pare-brise et non la vitre arrière qui donnait sur la rue. Mais bon. Incident clos.
Pour une journée.
Le lendemain soir, c'était mon party de bureau. J'y suis arrivé en retard car le service de nettoyage a pris la journée pour l'opération nettoyage. À mon retour, vers une heure du matin, on avait lancé de la peinture rouge sur toute la partie arrière de la maison et une roche de bonne dimension avait percé la fenêtre de la cuisine.
L'auto n'était donc pas juste une niaiserie. La roche dans la fenêtre de la cuisine et la peinture rouge en témoignent clairement.
Comment on se sent? Très, très impuissant et surtout on n'y comprend vraiment rien. J'ai contacté la police qui a traité l'affaire comme quand on complète un formulaire. Pauvre eux, ils en ont vu d'autres, je comprends.
...
Ce soir, j'ai tout compris. J'arrive de l'assemblée annuelle de la corporation de mon quartier. Sur ma rue, et même au fond du quartier, bien loin de ma maison, il y a tout plein de gens qui s'inquiètent beaucoup des autos qui s'arrêtent dans le stationnement pour visiteurs qu'il y a devant chez moi. Je dois dire que je n'ai jamais remarqué ces autos, sans doute parce que m'en fous complètement. Il semble selon les voisins qui ont la langue déliée et qui ont bien insisté pour que la secrétaire de la réunion ne les nomme pas, qu'il se passe des choses inquiétantes dans ces autos, un trafic quelconque. La recommandation du conseil d'administration a été d'appeler la police à chaque fois qu'on voit une auto suspecte. Une dame a dit - et c'est là que j'ai cliqué - que c'était très dérangeant de sortir faire marcher son chien le soir et d'être « témoin de ce trafic ».
...
Vendredi soir dernier, je suis sorti vers 23h30 pour faire marcher Gaston, afin qu'il me laisse dormir un peu plus tard samedi matin. Vendredi soir dernier, je n'ai rien vu, mais ma vie a changé.
Ça ressemblait à du sirop d'érable et j'étais prêt à me faire un partie de cabane à sucre. Mais ça n'en était pas. C'était un genre de résine, ou de colle, mais en tout cas, il était impossible de le décoller. Et comme le tout avait coulé un peu sur le capot, je n'ai pas pris de chance et je l'ai apporté à des spécialistes de la chose. 350$ plus tard, je ne savais toujours pas ce que c'était mais l'auto était impeccable.
Je n'ai pas fait de profonde réflexion à savoir ce qui c'était passé : des jeunes qui veulent faire un niaiserie. Je me souviens quand même m'être demandé pourquoi le pare-brise et non la vitre arrière qui donnait sur la rue. Mais bon. Incident clos.
Pour une journée.
Le lendemain soir, c'était mon party de bureau. J'y suis arrivé en retard car le service de nettoyage a pris la journée pour l'opération nettoyage. À mon retour, vers une heure du matin, on avait lancé de la peinture rouge sur toute la partie arrière de la maison et une roche de bonne dimension avait percé la fenêtre de la cuisine.
L'auto n'était donc pas juste une niaiserie. La roche dans la fenêtre de la cuisine et la peinture rouge en témoignent clairement.
Comment on se sent? Très, très impuissant et surtout on n'y comprend vraiment rien. J'ai contacté la police qui a traité l'affaire comme quand on complète un formulaire. Pauvre eux, ils en ont vu d'autres, je comprends.
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Ce soir, j'ai tout compris. J'arrive de l'assemblée annuelle de la corporation de mon quartier. Sur ma rue, et même au fond du quartier, bien loin de ma maison, il y a tout plein de gens qui s'inquiètent beaucoup des autos qui s'arrêtent dans le stationnement pour visiteurs qu'il y a devant chez moi. Je dois dire que je n'ai jamais remarqué ces autos, sans doute parce que m'en fous complètement. Il semble selon les voisins qui ont la langue déliée et qui ont bien insisté pour que la secrétaire de la réunion ne les nomme pas, qu'il se passe des choses inquiétantes dans ces autos, un trafic quelconque. La recommandation du conseil d'administration a été d'appeler la police à chaque fois qu'on voit une auto suspecte. Une dame a dit - et c'est là que j'ai cliqué - que c'était très dérangeant de sortir faire marcher son chien le soir et d'être « témoin de ce trafic ».
...
Vendredi soir dernier, je suis sorti vers 23h30 pour faire marcher Gaston, afin qu'il me laisse dormir un peu plus tard samedi matin. Vendredi soir dernier, je n'ai rien vu, mais ma vie a changé.
mercredi 17 mars 2010
138. Un francophone chez les thaîlandais à la Saint-Patrick
Dans le coin où je bosse, y'a un petit resto thaïlandais pas mauvais du tout. Le fait qu'il n'y ait rien d'autre qui soit potable dans le périmètre le rend encore plus sympathique. Et les sculptures aussi. À chaque fois, y'a un sculpteur, thaïlandais assurément, qui gosse tantôt un melon, tantôt un rutabaga pour en faire une véritable œuvre d'art. Même chose dans les assiettes, y'a un thaïlo qui vous gosse un éléphant ou un cygne et qui l'assoit sur votre salade, c'est joli comme tout, et je n'ose jamais le manger tellement c'est beau. Des fois, je me demande s'il vont refiler mon éléphant ou mon cygne à quelqu'un d'autre dans le prochaine assiette et je bouffe la trompe de l'éléphant ou j'arrache la tête du cygne de mes dents, juste au cas.
J'avais prévu que la personne que je rencontrais ce midi serait en retard. Juste une intuition qui s'est avérée être vraie. Qu'à cela ne tienne, j'avais apporté un carnet pour préparer mon après-midi et rédiger une ébauche de lettre. Sauf que j'avais pas de stylo.
J'étais seul dans le resto, à l'exception de quatre jeunes filles dans la jeune vingtaines complètement à l'autre bout de la salle. Elles avaient l'air de parler bas-culottes, ça ne m'intéressait pas du tout et en plus elles étaient trop loin. Tout à coup, y'en a une qui s'époumonne : Oh-my-god! qu'elle dit.
- I have met the most wonderful guy this weekend, I HAAAVE to tell you all about it.
Tiens, tiens, que je me dis.
Là elle se penche et sur le ton de la confidence cochonne, elle leur chuchote, mais assez fort pour que je l'entende :
- This guy, you see him from a mile, and you know instantly that he's French.
D'habitude, je n'écoute pas les conversations dans les restaurants. Je les entends, mais je ne les écoute pas. Cette fois-ci, si j'avais eu un appareil auditif, j'aurais monté le volume. Un mec incroyable, tout ça associé au fait qu'il ait l'apparence francophone? J'ai besoin d'en savoir plus long. D'ailleurs, une des comparses m'aide dans ma réflexion et demande :
- What do you mean? What does he look like?
Et moi j'ai envie de m'en mêler et d'ajouter : Ouain, conte-nous ça.. C'est quoi avoir l'air francophone? Come on, des détails!
Elle sait qu'elle a toute leur attention. Elle les regarde, complice comme ça se peut pas, c'est clair qu'elles ont toutes des images dans la tête. Sauf moi, j'ai pas d'image d'un gars que tu vois d'un mille pis que tu sais qu'il est francophone.
Elle se penche à nouveau :
- He's got this French look. You see him and you just know he's French.
Et là l'autre conne, elle demande la question qui tue, celle qui change toute la conversation, et qui fait en sorte que je n'en saurai pas plus.
- Does he speak English?
Pauvre imbécile. On s'en câlice-tu un peu? Pour une fois que j'avais la chance de savoir ce à quoi ça a l'air un vrai francophone, fallait que cette pouffiasse s'inquiète de son bilinguisme.
J'avais prévu que la personne que je rencontrais ce midi serait en retard. Juste une intuition qui s'est avérée être vraie. Qu'à cela ne tienne, j'avais apporté un carnet pour préparer mon après-midi et rédiger une ébauche de lettre. Sauf que j'avais pas de stylo.
J'étais seul dans le resto, à l'exception de quatre jeunes filles dans la jeune vingtaines complètement à l'autre bout de la salle. Elles avaient l'air de parler bas-culottes, ça ne m'intéressait pas du tout et en plus elles étaient trop loin. Tout à coup, y'en a une qui s'époumonne : Oh-my-god! qu'elle dit.
- I have met the most wonderful guy this weekend, I HAAAVE to tell you all about it.
Tiens, tiens, que je me dis.
Là elle se penche et sur le ton de la confidence cochonne, elle leur chuchote, mais assez fort pour que je l'entende :
- This guy, you see him from a mile, and you know instantly that he's French.
D'habitude, je n'écoute pas les conversations dans les restaurants. Je les entends, mais je ne les écoute pas. Cette fois-ci, si j'avais eu un appareil auditif, j'aurais monté le volume. Un mec incroyable, tout ça associé au fait qu'il ait l'apparence francophone? J'ai besoin d'en savoir plus long. D'ailleurs, une des comparses m'aide dans ma réflexion et demande :
- What do you mean? What does he look like?
Et moi j'ai envie de m'en mêler et d'ajouter : Ouain, conte-nous ça.. C'est quoi avoir l'air francophone? Come on, des détails!
Elle sait qu'elle a toute leur attention. Elle les regarde, complice comme ça se peut pas, c'est clair qu'elles ont toutes des images dans la tête. Sauf moi, j'ai pas d'image d'un gars que tu vois d'un mille pis que tu sais qu'il est francophone.
Elle se penche à nouveau :
- He's got this French look. You see him and you just know he's French.
Et là l'autre conne, elle demande la question qui tue, celle qui change toute la conversation, et qui fait en sorte que je n'en saurai pas plus.
- Does he speak English?
Pauvre imbécile. On s'en câlice-tu un peu? Pour une fois que j'avais la chance de savoir ce à quoi ça a l'air un vrai francophone, fallait que cette pouffiasse s'inquiète de son bilinguisme.
dimanche 14 mars 2010
136. Coin-coin fait le petit lapin
Entendons-nous tout de suite que je ne saute jamais de joie hors du lit (sauter de joie, sauter hors du lit, vous voyez l'idée) quand mon chien m'ordonne de le sortir le matin en grattant furieusement contre la porte du salon que j'ai peinturé l'automne dernier.
Cependant, je dois bien reconnaître qu'une fois vaguement habillé, approximativement dehors et quelque peu orienté sur le sentier qui passe derrière chez moi, il m'arrive assez souvent de penser que s'il n'était de ce sale cabot, je passerais à côté de quelque chose.
Derrière chez-moi, il y a un sentier. Le long du sentier, une crique, genre de ruisseau qui se gonfle au printemps et qui disparaît sous les hautes herbes en été. Si on n'y prête pas attention, on pourrait penser que c'est un déversement d'égout, mais non. Il a son propre petit courant, même une petite rigole à un certain dénivellement - accentué l'été dernier par un téléviseur dont une personne anti-environnementale s'était délestée en supposant que la crique était une crevasse sans fond - et une vie végétale et animale propre à ce type de cours d'eau.
L'hiver dernier, comme ça en sortant mon chien le matin, ronchonnant sans trop savoir pourquoi, j'ai vu le ruisseau se cristalliser dans ses premières phases de gel. J'ai vu une maman cane sortir des foins avec sa nichée qui la suivait comme des bambins de garderie reliés à une corde, j'ai vu un téléviseur s'enliser.. bon, enfin.
Hier matin.. Non, commençons avec vendredi soir. Je buvais du café comme un condamné dont ç'aurait été le dernier vœux, question de rester réveillé pour travailler à un projet que j'ai entrepris. Comme je bois rarement du café après midi, l'effet a dépassé de loin mes attentes et j'ai pu me consacrer à mes activités jusqu'à 4h du matin, et même là, je m'endormais pas tellement, imaginez. À 7h15, comme un vaillant réveil-matin qu'il est, mon chien a entrepris un sablage en règle de ma porte de salon, m'avertissant ainsi que j'avais tout intérêt à me lever si je voulais pas qu'il la décape complètement.
Je ne me souviens pas du laps de temps qui s'est écoulé entre le moment où je me suis carrément propulsé hors du lit et le moment où je me suis retrouvé sur le sentier, à la remorque de mon chien de 15 livres qui tirait sa charge alourdie par le sommeil.
Pourtant, ce matin-là, j'ai pu assister au retour des canards sauvages. Ils arrivaient en petits groupes, se déposant sur la crique dans de grands éclaboussements. Il faut croire que le voyage met de la mine dans le crayon, car on voyait tout aussitôt les femelles s'envoler rapidement, poursuivies par des mâles dont les intentions étaient à peine cachées, sinon par quelques plumes.
Tout à coup, sur le sentier, j'ai vu un mâle se dandiner derrière un lapin, probablement une lapine, mais à ce point-ci, qu'est-ce que ça changerait hein? Le lapin faisait quelques sautillements, le canard réagissait aussitôt par quelques dandinements. Le lapin de sautiller encore, regardant derrière l'air inquiet, l'air de dire « Ben voyons donc.. », ou peut-être « What the fuck..?! » s'il était anglais. Le canard de s'avancer encore, intéressé comme tout à faire plus amples connaissance.
C'est donc ben beau la nature...
Cependant, je dois bien reconnaître qu'une fois vaguement habillé, approximativement dehors et quelque peu orienté sur le sentier qui passe derrière chez moi, il m'arrive assez souvent de penser que s'il n'était de ce sale cabot, je passerais à côté de quelque chose.
Derrière chez-moi, il y a un sentier. Le long du sentier, une crique, genre de ruisseau qui se gonfle au printemps et qui disparaît sous les hautes herbes en été. Si on n'y prête pas attention, on pourrait penser que c'est un déversement d'égout, mais non. Il a son propre petit courant, même une petite rigole à un certain dénivellement - accentué l'été dernier par un téléviseur dont une personne anti-environnementale s'était délestée en supposant que la crique était une crevasse sans fond - et une vie végétale et animale propre à ce type de cours d'eau.
L'hiver dernier, comme ça en sortant mon chien le matin, ronchonnant sans trop savoir pourquoi, j'ai vu le ruisseau se cristalliser dans ses premières phases de gel. J'ai vu une maman cane sortir des foins avec sa nichée qui la suivait comme des bambins de garderie reliés à une corde, j'ai vu un téléviseur s'enliser.. bon, enfin.
Hier matin.. Non, commençons avec vendredi soir. Je buvais du café comme un condamné dont ç'aurait été le dernier vœux, question de rester réveillé pour travailler à un projet que j'ai entrepris. Comme je bois rarement du café après midi, l'effet a dépassé de loin mes attentes et j'ai pu me consacrer à mes activités jusqu'à 4h du matin, et même là, je m'endormais pas tellement, imaginez. À 7h15, comme un vaillant réveil-matin qu'il est, mon chien a entrepris un sablage en règle de ma porte de salon, m'avertissant ainsi que j'avais tout intérêt à me lever si je voulais pas qu'il la décape complètement.
Je ne me souviens pas du laps de temps qui s'est écoulé entre le moment où je me suis carrément propulsé hors du lit et le moment où je me suis retrouvé sur le sentier, à la remorque de mon chien de 15 livres qui tirait sa charge alourdie par le sommeil.
Pourtant, ce matin-là, j'ai pu assister au retour des canards sauvages. Ils arrivaient en petits groupes, se déposant sur la crique dans de grands éclaboussements. Il faut croire que le voyage met de la mine dans le crayon, car on voyait tout aussitôt les femelles s'envoler rapidement, poursuivies par des mâles dont les intentions étaient à peine cachées, sinon par quelques plumes.
Tout à coup, sur le sentier, j'ai vu un mâle se dandiner derrière un lapin, probablement une lapine, mais à ce point-ci, qu'est-ce que ça changerait hein? Le lapin faisait quelques sautillements, le canard réagissait aussitôt par quelques dandinements. Le lapin de sautiller encore, regardant derrière l'air inquiet, l'air de dire « Ben voyons donc.. », ou peut-être « What the fuck..?! » s'il était anglais. Le canard de s'avancer encore, intéressé comme tout à faire plus amples connaissance.
C'est donc ben beau la nature...
mardi 16 février 2010
135. J'ai rêvé à mon père
Oui, oui, ça vient tout juste de se produire. Je me dépêche à le raconter, les rêves ça a tendance à disparaître de ma mémoire, et déjà que c'est pas mal flou...
On était dans une grande fête, genre mariage, mais je sais pas très bien.
J'étais assis à une table ronde avec d'autres personnes, je sais plus qui et je ne crois pas que je le savais dans le rêve.
Il s'est levé et il est allé au buffet (je ne sais pas mais ce serait bien son genre, il aimait bien manger).
J'ai dit à la gang dont je ne souviens plus : « Vous avez vu comme il est petit mon père? » Il était petit dans mon rêve alors qu'il était plutôt corpulent dans la vie.
Et là, une grosse musique s'est fait entendre.
Ma soeur, sortie de je-ne-sais-où a dit « Oh, cette musique, ça annonce rien de bon. Papa va mourir, c'est certain. »
Comme de fait, il est tombé face première raide mort sur le coin du mur pas très loin de ma table.
Mais il s'est relevé, comme si de rien n'était, et il est venu me parler. Juste à moi. Ensuite, il est re-mort de nouveau.
C'est quand même chien les rêves hein? Quand je me suis réveillé, et que j'ai décidé de courir à l'ordinateur écrire tout ça, je me souvenais très bien de ce qu'il m'a dit.
Et vous pensez que je m'en souviens maintenant?
On était dans une grande fête, genre mariage, mais je sais pas très bien.
J'étais assis à une table ronde avec d'autres personnes, je sais plus qui et je ne crois pas que je le savais dans le rêve.
Il s'est levé et il est allé au buffet (je ne sais pas mais ce serait bien son genre, il aimait bien manger).
J'ai dit à la gang dont je ne souviens plus : « Vous avez vu comme il est petit mon père? » Il était petit dans mon rêve alors qu'il était plutôt corpulent dans la vie.
Et là, une grosse musique s'est fait entendre.
Ma soeur, sortie de je-ne-sais-où a dit « Oh, cette musique, ça annonce rien de bon. Papa va mourir, c'est certain. »
Comme de fait, il est tombé face première raide mort sur le coin du mur pas très loin de ma table.
Mais il s'est relevé, comme si de rien n'était, et il est venu me parler. Juste à moi. Ensuite, il est re-mort de nouveau.
C'est quand même chien les rêves hein? Quand je me suis réveillé, et que j'ai décidé de courir à l'ordinateur écrire tout ça, je me souvenais très bien de ce qu'il m'a dit.
Et vous pensez que je m'en souviens maintenant?
jeudi 11 février 2010
134. Un bébé non-désiré
Entendu à une réunion :
- Ce projet c'est devenu mon bébé, mais moi je ne voulais pas que ce bébé-là soit juste à moi.
- Ce projet c'est devenu mon bébé, mais moi je ne voulais pas que ce bébé-là soit juste à moi.
mercredi 3 février 2010
133. Lettre d'un immémorant
Il y a des néologismes qui s'imposent, d'autres qui sont plus accrocheurs. Celui-ci est des deux. J'ai découvert le concept d'immémorant avec soulagement, réalisant enfin que je fais partir d'un sinistre club de primates sans mémoire collective, qui regarde les nouvelles comme si tout ça sortait d'un studio de la Warner Bros., incapables de comprendre les vrais enjeux de l'actualité, encore moins leur source, comme si tout ça était sorti de l'imagination d'un Spielberg qui aurait recréé en studio les rives de la Méditerranée.
Tout ça parce qu'hier soir je suis allé voir un spectacle de mandolines ukrainiennes, une symphonie au grand complet, un truc qui remonte à 1919, certains joueurs étant d'ailleurs des membres fondateurs, et j'exagère à peine. Sonorités russes, autrichiennes de temps en temps, hongroises c'est comme rien, tout ça revu au goût du jour, bien entendu. J'écoute ça comme un gros con, vaguement conscient que c'est leur histoire qu'ils sont en train de me gratter là sur les cordes de leurs instruments de leurs mains osseuses. Et ils font quoi ici ces Ukrainiens?
À 16 ans, j'ai passé une semaine dans une famille ukrainienne en Saskatchewan, mon premier grand voyage, merci Trudeau.
À 50 ans, je passe une soirée à les regarder se trémousser la mandoline.
Et je sais toujours pas ce qu'ils sont venus faire ici. C'est pire, je ne me le suis jamais demandé avant ce soir. On décide pas un dimanche après-midi de partir d'Ukraine et de se rendre dans les Prairies canadiennes pour n'en jamais revenir, pour y perdre ses origines, et pour jouer de la mandoline jusqu'à ce que mort s'ensuive. Je ne sais pas, je n'ai jamais su, je suis un immémorant.
Je suis perdu dans mes réflexions quand v'là-ti-pas qu'une douzaine de jeunes danseuses et de jeunes danseurs sort d'on ne sait où parmi le club d'âge d'or qui gratte furieusement les cordes de ses instruments. Les filles portent des jupes colorées qui ressemblent à des abat-jours quand elle tournoient sur elles-mêmes. Les garçons portent des grosses culottes bouffantes en rayonne et font des pirouettes parmi les abat-jours. L'auditoire que nous sommes est en extase, ça c'est de la vraie culture. Le chef d'orchestre s'emballe, ses quelques cheveux blancs s'affolent, je crains une crise d'apoplexie, mais non, il ne fait que donner l'ordre à ses ostéoporosiens de nous épater avec quelques succès américains. La foule est en délire, moi j'ai peur qu'ils nous poussent du Britney Spears et que les abat-jours s'envolent.
Ça doit être le vin, mais je vois les petites danseuses acadiennes, j'entends Elvis dans les boutiques du Vieux-Québec, des congrès mondiaux de têtes blanches, et j'ai peur. J'ai peur que le géant d'à-côté ait tout cassé dans la vitrine et qu'il n'y ait plus de place pour survivre quand on est différent.
Mais je ne suis qu'un immémorant, qu'est-ce que j'en sais?!
Tout ça parce qu'hier soir je suis allé voir un spectacle de mandolines ukrainiennes, une symphonie au grand complet, un truc qui remonte à 1919, certains joueurs étant d'ailleurs des membres fondateurs, et j'exagère à peine. Sonorités russes, autrichiennes de temps en temps, hongroises c'est comme rien, tout ça revu au goût du jour, bien entendu. J'écoute ça comme un gros con, vaguement conscient que c'est leur histoire qu'ils sont en train de me gratter là sur les cordes de leurs instruments de leurs mains osseuses. Et ils font quoi ici ces Ukrainiens?
À 16 ans, j'ai passé une semaine dans une famille ukrainienne en Saskatchewan, mon premier grand voyage, merci Trudeau.
À 50 ans, je passe une soirée à les regarder se trémousser la mandoline.
Et je sais toujours pas ce qu'ils sont venus faire ici. C'est pire, je ne me le suis jamais demandé avant ce soir. On décide pas un dimanche après-midi de partir d'Ukraine et de se rendre dans les Prairies canadiennes pour n'en jamais revenir, pour y perdre ses origines, et pour jouer de la mandoline jusqu'à ce que mort s'ensuive. Je ne sais pas, je n'ai jamais su, je suis un immémorant.
Je suis perdu dans mes réflexions quand v'là-ti-pas qu'une douzaine de jeunes danseuses et de jeunes danseurs sort d'on ne sait où parmi le club d'âge d'or qui gratte furieusement les cordes de ses instruments. Les filles portent des jupes colorées qui ressemblent à des abat-jours quand elle tournoient sur elles-mêmes. Les garçons portent des grosses culottes bouffantes en rayonne et font des pirouettes parmi les abat-jours. L'auditoire que nous sommes est en extase, ça c'est de la vraie culture. Le chef d'orchestre s'emballe, ses quelques cheveux blancs s'affolent, je crains une crise d'apoplexie, mais non, il ne fait que donner l'ordre à ses ostéoporosiens de nous épater avec quelques succès américains. La foule est en délire, moi j'ai peur qu'ils nous poussent du Britney Spears et que les abat-jours s'envolent.
Ça doit être le vin, mais je vois les petites danseuses acadiennes, j'entends Elvis dans les boutiques du Vieux-Québec, des congrès mondiaux de têtes blanches, et j'ai peur. J'ai peur que le géant d'à-côté ait tout cassé dans la vitrine et qu'il n'y ait plus de place pour survivre quand on est différent.
Mais je ne suis qu'un immémorant, qu'est-ce que j'en sais?!
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