dimanche 1 février 2009

100. Une Citroën beige

Je parle souvent de mon petit village natal comme d'un endroit assez ordinaire où il ne se passe à peu près rien. J'en parle surtout quand je m'adresse à un groupe et que je veux donner de l'intensité au fait qu'une chanson - qui porte son nom - a fait de ce bled insignifiant un lieu mythique connu partout dans le monde. C'est un petit air qui swing du genre la-wing-a-han mais qui s'est quand même classé au Temple de la renommée de la chanson française. Go figure!
Et voilà que ça me revient ce matin. Je suis en train de lire un roman, le mec vient de trouver la calandre d'une Citroën, flashback au Salon de l'auto, Citroën beige parmi les reliques du Septième ciel. Flashback à Paquetville, Citroën beige dans le village. Les hommes assis autour de la truie* au garage à André-à-Moïse n'en reviennent pas.
(Je patine un peu pour reprendre la route avec mon histoire, mais tout ça c'est pour expliquer qu'il s'en passait des choses dans mon petit village. C'est que la Citroën beige, elle était pas arrivée n'importe comment. On continue.)
On l'appellera Madame T, pour ne pas la nommer. Madame T était veuve, je pense. Peut-être vieille fille, c'est bien possible mais ça ne change rien au récit. Je ne lui connaissais pas d'enfants mais c'est bien dommage car elle était plutôt gentille. Moi je l'aimais bien en tout cas. Elle était revenue au village sur le tard et s'était installée dans une vieille maison, sans doute celle de ses parents décédés, qu'est-ce que j'en sais. Ça non plus, c'est sans importance.
Elle menait une petite vie sans histoire, ça sentait bon dans sa cuisine, la maison était toujours propre. Madame T était toujours bien mise, sentait bon comme sa cuisine.
Je me souviens vaguement aller la visiter, souvent sur l'initiative d'autres amis pas si bien intentionnés que ça et qui disaient : Allons voir la vieille T; on va avoir un snack. Moi j'aimais bien aller chez Madame T et pas juste pour ses biscuits. J'irais même jusqu'à dire qu'il y avait un certain exotisme à aller chez Madame T.
Comment Madame T a-t-elle rencontré un Français, entretenu des fréquentations et décidé de le marier? Tout ça bien avant Internet? Ça me dépasse. Qu'il se soit installé dans mon village, acheté une Citroën beige, enlevé le premier étage de la vieille maison pour en faire un coquet bungalow flanqué d'un abri d'auto dépassait toutes les bonnes gens du village.
Tout le monde est allé voir l'opération je-te-tranche-un-étage comme on va voir Paul McCartney sur les Plaines d'Abraham. Tout le monde est retourné voir ce que c'est un abri d'auto (que tout le monde s'est d'ailleurs mis à appeler un carport, et j'aime espérer que c'est pas le Français qui leur avait appris ça). Et tout le monde surveillait, guettait, les départs et les arrivées de la Citroën beige parce que tout le monde était fasciné par son air de spoutnik bien entendu, mais aussi parce que tout le monde était fasciné de la voir s'élever de quelques pouces du sol à son départ et toucher presque le sol quand elle était au repos.
C'est ça aussi mon village...
* - si vous savez pas ce qu'est une truie à Paquetville, je vous invite à deviner

dimanche 18 janvier 2009

99. Je te frotte et je t'astique

Elle est au bas de l'escalier roulant qui ne fait que descendre. Celui qui monte est à l'autre bout de l'édifice, assez vaste par ailleurs. Les enfants sont pas-du-monde, ils sont tannés d'attendre. Elle fulmine : « Mut-yan faire un moé un septième ciel, attend qui redescende pis y va se ramasser les deux pieds sur terre j't'en signe un papier. » Elle raconte ça à son bambin qui tire sur sa poussette, qui veut pas s'asseoir dedans, qu'à l'air fatigué comme un enfant fatigué.
Nous sommes au Salon de l'auto de Montréal que j'ai visité en fin de semaine. Son mari est resté bloqué dans la première salle de l'exposition, pompeusement qualifiée de « Septième Ciel » d'une part parce que c'est à l'étage supérieur, et d'autre part, parce que cette pièce recèle les plus belles autos, les plus chères, les plus sportives, bref celles qu'il ne lui a pas dit qu'ils examineraient parce qu'elle est venue là pour examiner plutôt les mini-fourgonnettes avec de la place en masse pour la carosse et le siège d'auto pour le petit.
Moi aussi je suis venu voir pour une bagnole qui pourrait éventuellement remplacer mon actuel véhicule et j'ai perdu un peu de temps au Septième ciel, mais coudon, c'est pas tous les jours qu'on voit ces bolides.
Il y a trois sortes de visiteurs au Salon de l'auto.
Je vous ai présenté le couple typique qui s'y trouve. Il l'a convaincu de venir pour examiner les fourgonnettes, elle a accepté à condition qu'on emmène les enfants, il lui a promis qu'on examinerait juste ce qu'on a les moyens d'acheter mais elle ne sait plus où il est rendu. Probablement en train de baver sur une Lamborgini deux places en s'imaginant cruiser par une belle journée d'été.
Quand ils sont ensemble, l'effet n'est pas moins désastreux. Au kiosque des Jeep, entre autres, je la vois qui examine la Cherokee, la Patriot ou la Liberty. Lui, il est dans la Wrangler en train de voir où il mettrait sa caisse de bière et sa canne à pêche pis comment ce serait commode un Jeep comme ça pour aller au « campe » les fins de semaines.
L'autre type de visiteur est un peu plus encombrant. Il a une quinzaine d'années, rêve d'avoir son permis de conduire et est prêt à conduire n'importe quoi. L'auto de son père, de sa grand-mère, il s'en fout. On le retrouve à tous les volants, ils sont habituellement quatre dans le véhicule que vous voulez examiner donc pas possible de le faire. Et ils restent dedans longtemps, assez longtemps pour s'imaginer en train de se promener dans leur petit bled pour impressionner les pitounes.
Et l'autre genre, c'est le gars comme moi qui a sa liste, qui veut voir les trois modèles qui l'intéresse, qui se met en ligne pour attendre que les maris en rût, les gouines écoénergitiques et les ados aux culottes pendantes libèrent le véhicule.
Les kiosques sont occupés par quelques employés qui frottent les poignées après qu'on y a touchées et qui astiquent les pare-chocs et par quelques jolies filles qui se sont blanchies les dents hier soir et qui sourient pour que ce soit bien clair que si t'achètes la bagnole, elle va te trouver pas mal intéressant. Je demande à l'une d'elle si le modèle qui m'intéresse est disponible en traction intégrale. Bien qu'elle continuait à sourire, elle est payée pour ça après tout, on dirait qu'elle souriait jaune un peu avec ses dents blanches. Elle savait pas trop quoi faire la mignonne alors elle s'est tournée vers les dépliants et a commencé à essayer de déchiffrer ça mais elle faisait un peu pitié alors je lui ai juste demander de me donner le dépliant et que je vérifierais moi-même.

98. L'heure juste

Je n'avais pas besoin de montre du tout mais j'ai bien dû passer une dizaine de minutes à les examiner sans vraiment les voir.
J'étais sur le point de sortir de cette petite boutique où je n'avais rien trouvé d'intéressant quand je me suis laissé accroché par la conversation du caissier avec un copain (ou un client, qu'est-ce que j'en sais?).
Je suis pas du genre à écouter les conversations des autres bien que je commence à croire que je le suis car il me semble que j'en ramasse beaucoup. Je suis peut-être un écornifleux qui s'ignore, va donc savoir.
Toujours est-il que le caissier, c'est un jeune de 18 ans, du genre qui travaille dans les petites boutiques les fins de semaines. Il a les cheveux pognés dans la gomme, des trous partout au point qu'il est sans doute plus waterproof, porte des jeans de 200$ et un t-shirt beaucoup trop petit pour lui. Bref, un jeune tout ce qu'il y a de plus ordinaire.
L'autre, je le vois juste de dos mais c'est sans importance. Il vient de lancer une vraie bombe et l'autre l'apostrophe. L'autre, il vient de faire son frais-chié (ça s'écris-tu comme ça?) et il a laissé tomber nonchalamment qu'il n'aime pas la musique française.
Mon jeune caissier perforé ne l'a pas trouvé drôle.
T'es con qu'il lui dit, t'es Québécois pis tout ce que tu trouves à faire, c'est chier sur la musique française, tu préfères des tounes américaines faites à la machine, la grosse criss de machine qui programme des chansons pour être certain que ça se vend, tous les sons analysés pour accrocher des petites oreilles habituées au commercial comme les tiennes, si tu prenais la peine de mettre de la musique française dans ton ipod américain, c'est pas parce qu'il est américain ton ipod que tu peux pas downloader de la musique française dedans t'sais, de la musique française, tu comprendrais que c'est intelligent, que c'est des sons faits par des gars qui trippent sur la musique, pas juste des cons qui ont étudié quel son qui va avec quel son pour faire plusse de cash, tu écouterais des mots intelligents au lieu des sons anglais qui sont juste là parce que ça vend plusse, la musique anglaise criss ça fait même pas de sens les mots, c'est juste des mots qui sont plogués là parce que le son vend plusse, pour faire du cash, rien que du cash avec des gars comme toi qui connaissent rien pis qui se font pogner dans la grosse machine...
Et ça continue comme ça pendant une bonne grosse dizaine de minutes pis moi je regarde les montres parce que j'en reviens pas. L'autre, il dit rien du tout et il est de dos mais j'aimerais lui voir la face comme vous savez pas comment.
Franchement, ça m'a fait du bien d'entendre ça.
J'ai quasiment acheté une montre.

jeudi 15 janvier 2009

97. Saturnin et les autres

J'ai encore espoir de finir d'installer mon bureau à la maison et de ne plus voir aucune boîte qui me rappelle le déménagement de l'été dernier. Ce soir, j'ai ouvert une boîte qui contenait un DVD de Saturnin, que j'ai acheté il y a de ça quelques années dans un moment de nostalgie.
Pour ceux qui ne savent pas, Saturnin c'est un canard qui avait sa propre émission de télé, diffusée le samedi matin quand j'étais petit. Futé comme pas un, Saturnin réussissait à sauver sa gang des pires malheurs qu'on puisse imaginer. Je n'ai jamais regardé le DVD mais je me souviens vaguement qu'il avait pour amis une belette qui s'appelait probablement Belette et un gros hamster qui ne s'appelait pas Gros Hamster, ça j'en suis certain. Si jamais un jour je me décide à regarder ce DVD, je vous le dirai comment ils s'appelaient les amis de Saturnin.
Mais c'est pas de Saturnin que je veux causer vraiment, c'est de la mémoire. De temps en temps, des trucs comme Saturnin, ça me ramène en arrière et me voilà à me souvenir de toutes sortes de choses qui n'étaient pas particulièrement importantes mais qui semblent avoir laissé une trace dans mes souvenirs.
Comme avez-vous déjà essayé de vous souvenir du plus vieux souvenir possible de votre enfance?
Là faut pas se laisser avoir avec des souvenirs qui sont pas vraiment des souvenirs parce que vos parents prenaient des photos comme des délurés et que vous avez des albums pleins du moindre pet que vous faisiez quand vous étiez enfant et là vous allez me dire que vous vous souvenez de votre premier changement de couche. Non, non, pas ce genre de souvenirs-là.
Juste un souvenir, un feeling, des images personnelles du premier événement dont vous vous souvenez pis qu'il y avait pas de photographe aux alentours.
Moi j'ai beau me forcer, je peux pas remonter avant 5 ou 6 ans. Je suis dans le magasin (mes parents avaient une épicerie) avec ma mère. Elle est derrière le comptoir et elle parle avec Madame Cormier, enseignante de l'école de par-en-bas, signifiant que c'était vers Bas-Paquetville. (À noter que Bas-Paquetville n'existe pas vraiment mais que comme il y avait un Haut-Paquetville, les gens qui habitaient de l'autre côté de l'église avaient tendance à nommer l'autre extrémité du village Bas-Paquetville.) Madame Cormier faisait figure de « principale » de l'école, fouillez-moi pour savoir si c'était un angliscisme ou non. Qu'elle l'ait été ou non n'a pas tellement d'importance; elle assumait le rôle et avait la tête de l'emploi.
Bref, elle et ma mère causaient comme elles avaient l'habitude de le faire mais cette fois je me suis rendu compte qu'elles parlaient de MOI. Elle parlaient d'un truc qui s'appellait l'école et de savoir si je devrais commencer en première ou en deuxième année étant donné que je savais déjà lire et écrire. (Ma grande soeur m'avait appris sur un petit tableau vert avec des lettres en haut et des dessins en bas accroché sur le mur de la cuisine, entre la porte de la véranda et la porte de la toilette. Mais ça je peux pas vous garantir que je m'en souviens parce qu'il y a une photo qui montre ma soeur Claudette et moi en train en train d'apprendre quelque chose avec la grande bouche ouverte comme un débile.)
Vous aurez compris que je n'ai pas encore fini d'explorer la boîte que j'avais commencé à défaire tout à l'heure. J'y retourne à l'instant. Sacré Saturnin...

mardi 13 janvier 2009

96. Pledge

Dans une autre vie, j'avais une femme de ménage. Je vous dis pas ça pour vous faire tomber sur le cul, c'est juste pour vous expliquer pourquoi ça fait 30 ans que j'ai pas acheté de Pledge.
Mon premier souvenir du Pledge, c'était dans l'épicerie de mes parents. C'était une canette brune avec des lettres or. Tu pesais sur le piton, ça faisait un jet blanc de mousse sur les meubles, tu l'essuyais et le meuble était propre. Plus de poussière, un peu brillant. Dans la maison, quand ma mère passait le Pledge, ça sentait le Pledge dans la maison. Tu arrivais de l'école pis tu te disais : Ah, ça sent le Pledge, ma mère a passé le Pledge sur les meubles. Tu regardais les meubles et les meubles avait plus de poussière dessus, ils étaient propres, ça sentait le Pledge. Vous saisissez l'idée?
Dans ma nouvelle maison, je me suis acheté des meubles qui semblent attirer la poussière comme les spots jaunes dans la neige attirent mon chien. En fin de semaine, je me suis dit : Tiens, je vais aller acheter du Pledge, je vais en mettre sur les meubles, ça va enlever la poussière, ça va être propre et dans la maison, ça va sentir le Pledge.
Je suis arrivé à l'épicerie et me suis dirigé d'un pas confiant vers les produits nettoyants. Premier constat : le Pledge brun et or qui sent le Pledge, ça n'existe plus. Ou en tout cas, il n'y en avait pas à mon épicerie et il n'y en a jamais eu parce que j'ai vérifié les étiquettes sur le bord de la tablette.
De nos jours, le Pledge sent l'orange. Je sais pas ce qui s'est passé avec les oranges mais tout à coup, elles sont devenues symbole de propreté. Les enfants d'aujourd'hui arrivent à la maison après l'école et si ça sent l'orange, ils ne savant pas si leur mère va les empoisonner au Pledge ou si elle vient de leur presser un jus d'orange.
J'ai compté huit sortes de Pledge au total. Il y en avait un qui enlevait la poussière mais qui contrôlait aussi les allergies. Pouvez-vous imaginer quelqu'un qui se dirait : Bah, je veux pas contrôler les allergies, je veux juste enlever la poussière. Il aurait l'air fin s'il développait des allergies, hein? Je suis certain que tout le monde veut se protéger des allergies.
Un autre offre une « Protection + ». Comment résister à ça? Tu veux enlever la poussière mais si en plus tu peux protéger tes meubles, heille, c'est winner ça. Personne ne se dirait : Bah, je veux juste enlever la poussière, pas besoin de protéger mes meubles. Tout le monde veut protéger ses meubles.
Une autre sorte de Pledge vous promet des meubles d'une beauté naturelle. Autrement dit, si t'achète pas ça, tu te ramasses avec une beauté artificielle. Qui veut ça? Je suis certain que tout le monde veut la beauté naturelle, je suis même à peu près certain qu'il y en a qui se pledgent la face en cachette pour avoir une beauté naturelle.
La preuve, il y a du Pledge qui est « extra hydratant ». Je savais qu'il y avait des crèmes pour hydrater la peau mais là tu peux dépoussiérer tes meubles et t'hydrater la face avec le torchon.
Pour les plus vieilles croûtes, tenez-vous bien, il y a même le Pledge à l'huile d'orange revitalisante « pour redonner une allure neuve à vos meubles ». J'étais un peu perplexe avec l'huile d'orange parce que je suis jamais tombé sur une orange huileuse. « Hmm... le jus d'orange est pas bon ce matin, il goûte l'huile. » Les ébénistes n'ont qu'à bien se tenir, le nouveau Pledge peut te refistoler n'importe quelle vieille armoire d'un coup de pouche-pouche.
J'ai finalement acheté du No-Name. La cannette était brune et ça m'a rendu nostalgique. Mes meubles sont propres. Ça sent pas le Pledge dans ma maison mais ça sent pas non plus l'orange huileuse, je n'ai pas encore développé d'allergie, je ne sais pas si mes meubles sont protégés mais je sais qu'ils n'ont pas l'air de souffrir de déshydratation ni d'avoir besoin d'un face-lift.
Des fois je m'ennuie de l'épicerie de mes parents.

lundi 12 janvier 2009

95. Entendu à la radio

Ceux qui pensent qu'ils ont tout entendu n'écoutent pas la radio francophone de l'Outaouais.
En revenant du bureau ce soir :
Un. On vous annonce dans les alentours de -28 pour la journée de demain, pis ça c'est sans compter le facteur frette.
Deux. Une radio qui joue juste des hits. Des tounes qui torchent.
Trois. La radio qui joue juste des hits pis qui joue pas de Céline.
Le facteur frette? Des tounes qui torchent? Pas de Céline?
Attachez-moi quelqu'un!

samedi 10 janvier 2009

94. Un saut dans mon passé

Ma mère m'a appris à être prévenant. Quand j'étais petit, si j'annonçais que j'allais jouer dehors, elle s'écriait : Ah mon d'jeu, tu vas monter dans un arbre pis tu vas te sacrer en bas pis te fendre la tête en deux. Non seulement c'était une bonne dose de confiance en soi mais c'était aussi m'habituer à prévoir le pire. Ça remettait aussi drôlement en doute la théorie selon laquelle l'homme descend du singe mais ma mère était comme ça. J'ai jamais grimpé dans un arbre, pas besoin de vous préciser. Tout au plus, je me balançais de temps en temps sur une branche - toujours la même - sur un érable d'un rangée d'arbre entre chez mon oncle et la maison de la vieille Lydia. J'étais certain qu'elle allait sortir en nous criant de ne pas toucher ses foutus arbres alors ça me sauvait de faire des démonstrations de mes prouesses arboricoles.

J'arrive d'une courte excursion dans mon passé, là-bas, dans l'autre ville, celle que j'ai quittée. En quittant l'aéroport, la première chose que je fais en conduisant les dents et les fesses serrées sous un verglas qui me gèle les pompons et les essuie-glace instantanément est donc de penser aux personnes que je ne veux pas rencontrer. (Prenez une pause pour faire le lien avec ma mère, les arbres et Darwin.)

Je suppose que c'est normal que quand on tourne une page, c'est pas pour revenir de temps en temps lire les pire bouts. Rien de tout ça. Par un bienheureux hasard, je retourne là-bas et je rencontre du monde qui n'étaient pas sur cette page-là pantoute. D'abord ma meilleure amie d'enfance et d'adolescence qui me donne des allures de brebis perdue et retrouvée. Ensuite, l'ami d'une amie rencontré au hasard d'une conférence que j'ai eu l'audace de relancer pour un café et qui a eu l'audace d'accepter. Pour finir, un anglophone que je connaissais vaguement et qui s'avère être tout ce qu'il y a de plus francophone et que je trouve bien plus sympathique comme ça.

Moi qui ne crois pas à grand chose, sauf peut-être à la monarchie (non mais c'est vrai, mieux vaut des tarés élevés pour gouverner que des tarés mal-élevés qui gouvernent), je dois reconnaître que la théorie de la synchronicité tient bien la route dans mon cas. Rien n'arrive pour rien, il faut être attentif aux surprises que la vie nous amène.

Sur la route du retour, je me suis mis à penser à des personnes positives que j'ai rencontrées et que j'aimerais revoir, vivantes de préférence, ce serait chouette. Nicolas Thériault, mon prof de 8e année. Louise Bourbonnais, un parent d'élève. C'est les deux premiers qui apparaissent dans mon esprit. C'est pas fin pour les autres mais c'est comme ça. Les autres, ils avaient juste à se forcer un peu. Y'a des gens qui te marquent pis d'autres qui te marquent pas, on dirait bien.

Mais je vais continuer à y penser. Il doit bien y en avoir d'autres, me semble, hein? Crime. Juste deux. Eh ben...