Chez les francophones, le Bye-bye est un genre d'institution sacrée qu'il ne faut pas manquer. Jusqu'à maintenant, j'ai toujours vécu la veille du Jour de l'An dans les Maritimes, donc une heure plus tard que le reste de l'univers. À minuit, quand c'était le temps d'ouvrir le champagne, de s'embrasser et de se souhaiter la bonne année à grand coup d'accolades, il y avait toujours quelqu'un pour aviser les autres : « Fermez vous la yeule, le Bye-bye commence! »
C'est donc pour la première fois de mon existence, cette année, que le Bye-bye commençait à 23h et que le décompte tombait pile avec le vrai minuit et que j'ai fait et reçu mes souhaits, accolades et embrassades au bon moment et que personne n'était là pour y mettre une fin abrupte. La bouteille de champagne a eu le droit de faire son « plop » sans que personne ne dise que le bruit leur a fait perdre un petit punch dans le Bye-bye.
J'étais donc pas-peu-heureux hier soir de m'asseoir devant la télé pour écouter la fameuse émission. Tout aurait été parfait si l'émission n'avait pas été d'une platitude lamentable. En fait, sans l'affaire Bernier, l'émission n'aurait duré que le temps d'un commercial. Je ne m'étendrai pas sur le sujet, mentionnant simplement que toute émission qui vous dépoussière un Michel Louvain en complet blanc qui chante La dame en bleu risque d'être plate. C'était le cas.
À la défense des producteurs, il faut cependant dire que 2008 a ceci de particulier qu'il ne s'est rien passé pour la majeure partie de l'année. S'ils ont tenté d'écrire le script pendant l'été, il n'y avait strictement rien à raconter.
Et tout à coup, tout nous est tombé dessus. Un peu comme si 2008, elle s'était dit « Oh shit! il ne s'est rien passé. Personne va se souvenir de moi alors je vais leur en mettre plein de baluchon et ils vont tous tomber sur le cul et dire oh-là-là-2008-quelle-année!
Ça explique pourquoi ce n'est qu'au cours des dernières semaines qu'on a été bombardé d'élections au point qu'on ne savait plus s'il fallait voter pour Barrack, pour Pauline ou pour Ignatieff.
Plusieurs pensent que toutes ces éléctions ont coûté tellement cher que l'économie en a pris un coup. Mais ça n'a rien à voir du tout. Tout ça, c'est la faute du Dow-Jones, écoutez la télé un peu et vous le saurez bien. C'est important de comprendre que toute l'économie américaine est fondée sur la célèbre prétention d'épater les Jones, nom générique qui englobe tous les voisins du quartier. Ainsi, pour que l'économie se porte bien, il faut que les Américains achètent beaucoup, toujours mieux, toujours plus gros. Détail essentiel, le Dow-Jones a été imaginé à peu près en même temps que l'automobile et celle-ci est devenu la référence principale quand il s'agit de s'assurer que tout le monde est en compétition avec les Jones. Ainsi, quand on a commencé à vérifier auprès du bon peuple : How do you compare with thou Jones?, on voulait surtout savoir si votre bagnole était plus grosse que celle du voisin. Le Dow-Jones (thou Jones) venait d'être inventé.
En 2008, le prix de l'essence a connu des sommets inégalés. Les grands penseurs se disaient que plus l'essence serait chère, plus les gens voudraient aller casser la gueule de ceux qui ont tout le pétrole, quitte à se faire tuer mais ça c'est un détail. Faire le plein de son Hummer est devenu tellement cher que plusieurs Jones ont songé à acheter des bagnoles moins grosses. Entendons nous : le Hummer garde encore sa place de choix pour aller au dépanneur du coin, mais on s'est mis à acheter des SUV un peu plus modestes pour aller mettre les déchets au bord du chemin le mardi matin.
C'est ainsi que l'économie a commencé à vaciller. Je suis quand même rassuré car tout devrait rentrer dans l'ordre avec tout l'appui que reçoit l'industrie de l'automobile. Ces généreuses subventions - même d'origine canadienne - vont bien sûr bénéficier aux contribuables qui se voient attribuer des primes alléchantes pour continuer d'acheter des grosses autos. Toujours dans le but de faire économiser le citoyen, GM, Ford et Dodge offrent même une Honda Civic à toute personne qui fait l'acquisition d'une grosse cylindrée américaine.
Mais il ne faudrait pas penser que la Terre tourne autour de nos cousins américains. En 2008, nous avons au Canada pris des longueurs d'avance et nous les avons même dépassé dans quelques domaines.
Prenons par exemple nos élections. Pour la première fois de notre histoire, nous avons eu des vraies campagnes de salissage - et le mot n'est pas faible compte tenu qu'on a même eu droit à des chiures d'oiseau aux heures de grande écoute. Il faut reconnaître que dans la catégorie des bassesses, on l'emporte haut-la-main avec le Parti Conservateur, de quoi regorger notre fierté d'être canadiens. La preuve, on les a réélus!
C'est aussi au Canada en 2008 que nous avons inventé une nouvelle catégorie littéraire : le bitchage autobiographique. On raconte sa vie mais en graffignant les autres au passage. Ça s'appelle du contenu canadien. Le premier prix est remis à la Couillard - qui mérite bien cette consolation puisque son livre ne s'est pas vendu - suivi de près par Paul Martin, qui a réussi lui à bien écouler son stock, dans la région de Shawinigan paraît-il.
Nous avons aussi réussi à faire disparaître certaines personnalités des radars médiatiques. À l'instar des Ben Laden et des Saddam Hussein dont plus personne n'entend parler, nous avons réussi en quelques jours à faire disparaître Stéphane Dion au point qu'il y a même des Canadiens qui ne s'en souviennent déjà plus. Personne ne l'a même vu démissionner car on l'avait fait disparaître quelques heures avant. Un jour, il devait être notre Premier ministre, le lendemain, pfuiiiit.. disparu.
La personnalité internationale la plus connue de la ville de Québec figure également au nombre des grands disparus de 2008. Les millions de touristes qui ont déferlé sur la ville quadracentenaire ont dû se contenter de McCartney et de la Dion alors qu'on sait bien que c'est le Bonhomme Carnaval qu'on venait voir.
Nous avons aussi réussi à prouver en 2008 que notre démocratie est tout aussi bien portante que n'importe quelle autre monarco-anarchie. Au moment où tout allait au plus mal, alors que plus personne ne savait qui gouvernait le pays, nous nous sommes tournés vers la plus jolie de nos liseuses de nouvelles, recyclée en mini-reine, pour nous dire quoi faire. Celle qui ne choisit même pas les vêtements qu'elle va porter le matin et qui ne serait même pas foutue de balancer son carnet de chèques s'est retrouvée à décider comment le Canada allait être gouverné. Elle a finalement décidé de remettre tout ça à plus tard et de laisser le robot autoprogrammé par les pétrolières continuer à faire semblant de savoir ce qu'il fait. En fait, si ce n'était des cheveux en laine d'acier, on pourrait vraiment croire que c'est un humain mais ce détail technique trahit tout. Ça a cependant l'avantage que notre chef d'État à nous, s'il se fait lancer des souliers à la tête, ça va juste faire « clonk » et il n'aura pas à faire un fou de lui pour les éviter.
Non vraiment, nous n'avons rien à envier à nos cousins au niveau de la politique canadienne. Il nous manque peut-être des femmes de la trempe de la Clinton mais je suis certain que si on fouillait un peu, on en trouverait bien une qui soit aussi universellement cocue et qui ait publié un livre sur le sujet. Nous pouvons à peine accoter la Palin avec notre Verner, bien qu'elle ait pris du galon à ce titre en annonçant après les élections qu'elle venait d'apprendre qu'elle avait le droit de voter pour elle-même, dans son comté par dessus le marché. Malheureusement, nous avons dû cacher notre mignonne petite Josée pour une triste histoire de culture qu'elle ne comprenait pas très bien. Et de son balcon, c'est vrai qu'elle ne peut pas surveiller la Russie non plus.
L'année 2008 se termine quand même bien pour dix-huit de nos compatriotes qui se sont vus nommer sénateurs tout récemment, s'assurant ainsi d'une retraite solide et fort enviable. Je suis sincèrement content pour eux et je le dis avec un sourire. Car après tout, comme le dit si bien la publicité, souriez toujours à ceux qui jouent à la lotto : on ne sait jamais.
Pour les autres 30 millions dont les placements sont aussi fiables que de la saucisse Maple Leaf, je vous souhaite une ben bonne année 2009!
jeudi 1 janvier 2009
vendredi 26 décembre 2008
91. Conseils matrimoniaux
Personne m'a jamais demandé de donner des cours de préparation au mariage mais si on me demandait, j'en donnerais. Peut-être.
Une chose qui me semble évidente dans le développement de la relation de couple, c'est la rapidité.
(Je sais pas à quoi vous pensez présentement, mais c'est pas ça.)
En effet, la vie de couple implique un tas de petits travaux quotidiens ou ponctuels qu'il faut se taper, préférablement à deux, ou en partage équitable selon les versions de l'un et de l'autre (qui peuvent différer, d'où l'invention de la séparation.)
Lorsque vient le temps de se répartir les-dits travaux, c'est là que la rapidité entre en jeu. Et plus on a d'expérience dans les relations de couples (ça explique que la première fonctionne rarement), meilleur on est à ce jeu. Je m'explique.
La vaisselle. Le premier à dire à l'autre que le savon à vaisselle lui rend les mains sèches et lui fait craquer la peau se ramasse à écouter les nouvelles pendant que l'autre se les fait tremper dans l'évier.
Les poubelles. Le premier qui s'assure d'oublier de les sortir le matin fatidique deux ou trois semaines d'affilées, s'assure du même coup que l'autre va s'en occuper.
Vous comprenez l'astuce? Tout est dans la rapidité à établir votre stratégie.
Moi, par exemple, en plein mois de juillet, j'ai annoncé que mon dos commençait enfin à se remettre de la corvée de pelletage de hiver précédent. Quand l'hiver suivant arriva, il n'a même jamais été question de la pelle. D'ailleurs, c'est quoi une pelle? Je ne m'en souviens plus. Et depuis que je vis à Ottawa et qu'il neige à toutes les bordel de journées que le Ciel amène, je me tape dans le dos tous les matins, ensuite je tapote mon oreiller et je me rendors au son délicieux de la pelle qui gratte les marches et l'entrée.
On ne gagne pas toujours à ce jeu-là car, bien sûr, il se joue à deux. Sous prétexte que ça lui donne des étourdissements, par exemple, me voilà en train de repeindre toutes les pièces de la maison. Mais c'est de bonne guerre car si j'y avais pensé avant, c'est lui qui serait accroché au rouleau et au pinceau.
On ne peut pas toujours penser à tout... question de rapidité.
Une chose qui me semble évidente dans le développement de la relation de couple, c'est la rapidité.
(Je sais pas à quoi vous pensez présentement, mais c'est pas ça.)
En effet, la vie de couple implique un tas de petits travaux quotidiens ou ponctuels qu'il faut se taper, préférablement à deux, ou en partage équitable selon les versions de l'un et de l'autre (qui peuvent différer, d'où l'invention de la séparation.)
Lorsque vient le temps de se répartir les-dits travaux, c'est là que la rapidité entre en jeu. Et plus on a d'expérience dans les relations de couples (ça explique que la première fonctionne rarement), meilleur on est à ce jeu. Je m'explique.
La vaisselle. Le premier à dire à l'autre que le savon à vaisselle lui rend les mains sèches et lui fait craquer la peau se ramasse à écouter les nouvelles pendant que l'autre se les fait tremper dans l'évier.
Les poubelles. Le premier qui s'assure d'oublier de les sortir le matin fatidique deux ou trois semaines d'affilées, s'assure du même coup que l'autre va s'en occuper.
Vous comprenez l'astuce? Tout est dans la rapidité à établir votre stratégie.
Moi, par exemple, en plein mois de juillet, j'ai annoncé que mon dos commençait enfin à se remettre de la corvée de pelletage de hiver précédent. Quand l'hiver suivant arriva, il n'a même jamais été question de la pelle. D'ailleurs, c'est quoi une pelle? Je ne m'en souviens plus. Et depuis que je vis à Ottawa et qu'il neige à toutes les bordel de journées que le Ciel amène, je me tape dans le dos tous les matins, ensuite je tapote mon oreiller et je me rendors au son délicieux de la pelle qui gratte les marches et l'entrée.
On ne gagne pas toujours à ce jeu-là car, bien sûr, il se joue à deux. Sous prétexte que ça lui donne des étourdissements, par exemple, me voilà en train de repeindre toutes les pièces de la maison. Mais c'est de bonne guerre car si j'y avais pensé avant, c'est lui qui serait accroché au rouleau et au pinceau.
On ne peut pas toujours penser à tout... question de rapidité.
90. Enfin le 26 décembre!
C'est pas que j'aime pas Noël, comprenez-moi bien. D'habitude, Noël commence tout de suite après l'Halloween, la plupart du temps le soir même. Quiconque est déjà allé dans un grand magasin le soir du 31 octobre les a déjà vus ramasser les citrouilles et sortir les boules de nouelle .
Mais cette année, Noël a commencé bien plus tôt que ça et on voyait partout des sorcières et des pères noël en plastique dès le début octobre.
C'est pour ça que je suis un ti-peu tanné, mais rien de grave.
Noël, c'est aussi à peu près le temps de l'année que les journées commencent à allonger, et que miraculeusement, les stations de radio cessent de jouer de la musique de nouelle. La cuvée des chansons de nouelle de cette année a été particulièrement agaçante, comme si les artistes s'étaient passé le mot pour reprendre tous les chants traditionnels en version langoureuse. Et quand je dis langoureuse, ça frisait presque l'indécence, et moi je fais pas dans la censure, c'est pas mon affaire. Disons quand même que ça me fait sourciller quand j'entends Mitsou chanter Mon beau sapin comme si elle voulait coucher avec. Ou l'autre qui chante Santa Claus is coming to town comme si c'était les Chippendales qui débarquaient au 281...
Alors moi quand le 26 décembre arrive, ça fait bien mon affaire et ça me rend de bonne humeur.
Mais cette année, Noël a commencé bien plus tôt que ça et on voyait partout des sorcières et des pères noël en plastique dès le début octobre.
C'est pour ça que je suis un ti-peu tanné, mais rien de grave.
Noël, c'est aussi à peu près le temps de l'année que les journées commencent à allonger, et que miraculeusement, les stations de radio cessent de jouer de la musique de nouelle. La cuvée des chansons de nouelle de cette année a été particulièrement agaçante, comme si les artistes s'étaient passé le mot pour reprendre tous les chants traditionnels en version langoureuse. Et quand je dis langoureuse, ça frisait presque l'indécence, et moi je fais pas dans la censure, c'est pas mon affaire. Disons quand même que ça me fait sourciller quand j'entends Mitsou chanter Mon beau sapin comme si elle voulait coucher avec. Ou l'autre qui chante Santa Claus is coming to town comme si c'était les Chippendales qui débarquaient au 281...
Alors moi quand le 26 décembre arrive, ça fait bien mon affaire et ça me rend de bonne humeur.
jeudi 25 décembre 2008
En ce matin de la Noël
Cher monsieur E.D. Smith,
Je vous écris ce matin pour vous parler de ma première Noël dans ma nouvelle maison, dans laquelle j'ai entrepris des travaux depuis que je suis en vacances. En effet, je suis en train de refaire le salon et tout n'est que bâches, plâtrage, sablâge en prévision du peinturâge à venir. Les meubles et les accessoires du salon sont dispersés un peu partout dans cette foutue maison de Barbie qui refuse de contenir toutes mes possessions, de sorte que je fais des dons au Value Village du coin, de quoi enrichir tous les pauvres de la planète, à qui cette institution fait la charité, c'est ce qui est écrit sur le panneau.
Mais la salle à manger est restée intacte. Pas de cochonneries à traîner nulle part, et vous savez pourquoi? Parce que ce matin, c'est le jour de mon petit déjeuner de Noël, avec mon café de Noël, mes oeufs de Noël, mon bacon de Noël, mes toasts de Noël et VOS confitures de fraises de Noël.
Je tiens à vous préciser, cher monsieur E.D. Smith, que je suis un fidèle mangeur de vos confitures de fraises depuis au moins 30 ans, ce qui n'est quand même pas rien. J'ai acheté un nouveau pot cette semaine en prévision de ce fameux déjeuner de Noël. Il est vrai que j'ai eu une petite appréhension quand j'ai vu sur l'étiquette qu'elles avaient une « saveur améliorée ». C'est que j'ai eu des mauvaises expériences avec les produits « améliorés », comme le Bounce amélioré qui colle comme du velcro et qui fait maintenant des noeuds dans mes chausettes, ou mes lames de rasoir améliorées qui m'ont arraché la moitié de la face et que j'ai dû jeter pour acheter d'une autre marque. Mais vous, monsieur E.D. Smith, je vous ai fait confiance.
Et ce matin, le nouveau pot était sur la table de mon déjeuner de Noël, avec son petit cercle jaune sur l'étiquette qui disait « saveur améliorée » et qui me hantait.
Le couvercle a fait « plop », comme d'habitude; c'était de bon augure. J'y plonge la cuiller. Et qu'est-ce que je ramasse? Une grosse criss de fraise. Je fouille encore. D'autres grosses criss de fraises. Je goûte du bout des lèvres. Même saveur, pas améliorée du tout. Juste des grosses criss de fraises.
Mon cher monsieur E.D. Smith. Je mange vos confitures depuis 30 ans, je crois vous l'avoir dit. J'aime le goût, évidemment, mais j'aime surtout.. ou J'AIMAIS surtout le fait qu'il n'y avait pas de grosses fraises entières dans vos confitures, le genre qu'on en prend une cuillèrée et qu'on ramasse juste une grosse maudite fraise gommante qu'il faut ensuite s'évertuer à effoirer sur toute la toast. C'est pour ça que j'aimais vos confitures.
Pis dites-moi pas de les passer au blender, ce jour arrivera bien vite assez!
Alors je tenais à te partager, mon gros Smith, que t'a gâché mon matin de Noël avec tes grosses maudites fraises. Je sais que tu pognes la claque pour tous les autres qui font les smattes avec leur produits « nouveau et amélioré » mais tu le mérites bien. Mets-toi tes grosses fraises où je pense et rends-moi mes Noël d'antan.
Je souhaite un Joyeux Noël à tout le monde qui lit mon blogue mais pas à toi Smith.
Siape
PS - À part le choc des grosses fraises, je passe une superbe journée sous un soleil radieux (qui est drôlement bienvenu soit dit en passant...)
Je vous écris ce matin pour vous parler de ma première Noël dans ma nouvelle maison, dans laquelle j'ai entrepris des travaux depuis que je suis en vacances. En effet, je suis en train de refaire le salon et tout n'est que bâches, plâtrage, sablâge en prévision du peinturâge à venir. Les meubles et les accessoires du salon sont dispersés un peu partout dans cette foutue maison de Barbie qui refuse de contenir toutes mes possessions, de sorte que je fais des dons au Value Village du coin, de quoi enrichir tous les pauvres de la planète, à qui cette institution fait la charité, c'est ce qui est écrit sur le panneau.
Mais la salle à manger est restée intacte. Pas de cochonneries à traîner nulle part, et vous savez pourquoi? Parce que ce matin, c'est le jour de mon petit déjeuner de Noël, avec mon café de Noël, mes oeufs de Noël, mon bacon de Noël, mes toasts de Noël et VOS confitures de fraises de Noël.
Je tiens à vous préciser, cher monsieur E.D. Smith, que je suis un fidèle mangeur de vos confitures de fraises depuis au moins 30 ans, ce qui n'est quand même pas rien. J'ai acheté un nouveau pot cette semaine en prévision de ce fameux déjeuner de Noël. Il est vrai que j'ai eu une petite appréhension quand j'ai vu sur l'étiquette qu'elles avaient une « saveur améliorée ». C'est que j'ai eu des mauvaises expériences avec les produits « améliorés », comme le Bounce amélioré qui colle comme du velcro et qui fait maintenant des noeuds dans mes chausettes, ou mes lames de rasoir améliorées qui m'ont arraché la moitié de la face et que j'ai dû jeter pour acheter d'une autre marque. Mais vous, monsieur E.D. Smith, je vous ai fait confiance.
Et ce matin, le nouveau pot était sur la table de mon déjeuner de Noël, avec son petit cercle jaune sur l'étiquette qui disait « saveur améliorée » et qui me hantait.
Le couvercle a fait « plop », comme d'habitude; c'était de bon augure. J'y plonge la cuiller. Et qu'est-ce que je ramasse? Une grosse criss de fraise. Je fouille encore. D'autres grosses criss de fraises. Je goûte du bout des lèvres. Même saveur, pas améliorée du tout. Juste des grosses criss de fraises.
Mon cher monsieur E.D. Smith. Je mange vos confitures depuis 30 ans, je crois vous l'avoir dit. J'aime le goût, évidemment, mais j'aime surtout.. ou J'AIMAIS surtout le fait qu'il n'y avait pas de grosses fraises entières dans vos confitures, le genre qu'on en prend une cuillèrée et qu'on ramasse juste une grosse maudite fraise gommante qu'il faut ensuite s'évertuer à effoirer sur toute la toast. C'est pour ça que j'aimais vos confitures.
Pis dites-moi pas de les passer au blender, ce jour arrivera bien vite assez!
Alors je tenais à te partager, mon gros Smith, que t'a gâché mon matin de Noël avec tes grosses maudites fraises. Je sais que tu pognes la claque pour tous les autres qui font les smattes avec leur produits « nouveau et amélioré » mais tu le mérites bien. Mets-toi tes grosses fraises où je pense et rends-moi mes Noël d'antan.
Je souhaite un Joyeux Noël à tout le monde qui lit mon blogue mais pas à toi Smith.
Siape
PS - À part le choc des grosses fraises, je passe une superbe journée sous un soleil radieux (qui est drôlement bienvenu soit dit en passant...)
mardi 23 décembre 2008
88. Shopping the Noël
Je me suis décidé à en finir hier soir. J'ai trouvé un centre commercial ouvert jusqu'à 23h et je l'ai choisi en me disant que le monde qui a magasiné toute la journée allait bien finir par lâcher le morceau pis rentrer à la maison.
J'avais raison. La grève des autobus aidant, y'avait pas plusse de monde au St-Laurent qu'un 15 janvier. Parfait.
Beau cave, j'ai choisi le stationnement du cinéma là où y'a du monde même le 15 janvier. Pas trop loin de la porte, une série de stationnements couverts, avec des affichettes avec une silhouette de bagnole. C'est écrit dessus : Petite seulement. J'en vois une libre alors je me garroche pour me faire couper par un cowboy qui conduit une Pontiac Grand Prix avec roues chromées et tout et tout. Pas dans l'esprit des Fêtes du tout le mec, il s'en fout que je conduis une petite auto et pas lui.
J'ai attendu un peu qu'il sorte de son bazou, qu'il s'éloigne un peu. Il avait l'air d'une armoire à glace alors on est jamais trop prudent.
Quand la zone a semblé sécuritaire, j'ai écrit dans la crasse de sa portière : " L'affichette veut dire petite AUTO, pas petite QUÉQUETTE". Et je suis parti en sifflottant.
Bon, je l'ai pas fait pour vrai mais ça fait du bien d'avoir pensé de le faire et de vous partager ce moment chrismasy.
J'avais raison. La grève des autobus aidant, y'avait pas plusse de monde au St-Laurent qu'un 15 janvier. Parfait.
Beau cave, j'ai choisi le stationnement du cinéma là où y'a du monde même le 15 janvier. Pas trop loin de la porte, une série de stationnements couverts, avec des affichettes avec une silhouette de bagnole. C'est écrit dessus : Petite seulement. J'en vois une libre alors je me garroche pour me faire couper par un cowboy qui conduit une Pontiac Grand Prix avec roues chromées et tout et tout. Pas dans l'esprit des Fêtes du tout le mec, il s'en fout que je conduis une petite auto et pas lui.
J'ai attendu un peu qu'il sorte de son bazou, qu'il s'éloigne un peu. Il avait l'air d'une armoire à glace alors on est jamais trop prudent.
Quand la zone a semblé sécuritaire, j'ai écrit dans la crasse de sa portière : " L'affichette veut dire petite AUTO, pas petite QUÉQUETTE". Et je suis parti en sifflottant.
Bon, je l'ai pas fait pour vrai mais ça fait du bien d'avoir pensé de le faire et de vous partager ce moment chrismasy.
lundi 1 décembre 2008
87. C'est comme ça chez Walmart
Il était une fois un Walmart qui devait choisir l'employé du mois. Le choix portait sur trois candidats, ayant vite tassé la comique qui travaillait au centre de jardinage.
D'abord celui qu'on appelait en coulisse Jos-90 pour son allure froide et un peu pognée. Jos-90 n'avait pas d'amis, même dans son département. Mais il était un bon employé car il suivait méticuleusement les ordres du bureau central, quelque part aux États-Unis.
Venait ensuite le Nerd de la gang, probablement le plus intelligent du groupe mais aussi doué pour s'entretenir avec la clientèle qu'une poignée de porte. Le Nerd avait quelques amis mais qui riaient de lui doucement dans son dos et qui se foutaient un peu de sa gueule à l'occasion.
Personne ne prenait le troisième au sérieux, Jumping-Jack de son surnom. Le genre qui réprimait toujours une envie de rire, même dans les pires situations. Il était sympathique mais personne ne le voulait vraiment dans son cercle d'amis.
Il y avait bien un quatrième larron mais de son propre aveu, il ne voulait pas être l'employé du mois.
C'est donc Jos-90 qui remporta le concours de l'employé du mois, de justesse, la majorité n'ayant pas voté pour lui.
Un soir, le génie de Walmart lui apparut et lui demanda de faire trois souhaits. Il eut un peu envie de rire mais comme il ne riait que rarement, il ne le fit pas. Il savait déjà ce qu'il voulait, il y avait pensé depuis longtemps.
D'abord, il demanda qu'aucun des autres employés ne reçoivent pas de dinde à Noël. Le génie du Walmart trouva qu'il y allait fort mais il lui dit que c'était pas grave parce que lui, il en recevrait une de dinde, bien grasse, nourrie aux États-Unis.
Ensuite, Jos-90 demanda que les autres reçoivent moins de cadeaux que lui. Le génie lui mentionna que les autres ne seraient pas contents et qu'il se retrouverait peut-être seul au Walmart. Alors Jos-90 annonça son troisième vœux : que les autres n'aient pas le droit de sortir du Walmart, même s'ils n'étaient pas content.
Le génie, qui n'était pas vraiment un bon génie, trouva que le plan était diabolique et lui confirma à Jos-90 que ses vœux seraient exaucés.
Quand le gérant du Walmart annonça tout ça aux autres, l'impensable se produisit.
Jumping-Jack se calma le pompon un peu et décida même d'en parler au Nerd. Les deux n'étaient pas d'accord avec ce qui se passait et décidèrent d'aller dépoussiérer leur aïeux, parce qu'ils étaient bien plus populaires qu'eux mais aussi question de les consulter pour la forme. Ils s'enquiquinèrent même avec le dernier luron qui ne voulait pourtant rien savoir du Walmart.
C'est une histoire à suivre. En attendant, le Nerd a beaucoup de difficulté à réprimer son fou-rire. Lui que personne n'aime pourrait bien avoir sa photo dans l'entrée du Walmart...
D'abord celui qu'on appelait en coulisse Jos-90 pour son allure froide et un peu pognée. Jos-90 n'avait pas d'amis, même dans son département. Mais il était un bon employé car il suivait méticuleusement les ordres du bureau central, quelque part aux États-Unis.
Venait ensuite le Nerd de la gang, probablement le plus intelligent du groupe mais aussi doué pour s'entretenir avec la clientèle qu'une poignée de porte. Le Nerd avait quelques amis mais qui riaient de lui doucement dans son dos et qui se foutaient un peu de sa gueule à l'occasion.
Personne ne prenait le troisième au sérieux, Jumping-Jack de son surnom. Le genre qui réprimait toujours une envie de rire, même dans les pires situations. Il était sympathique mais personne ne le voulait vraiment dans son cercle d'amis.
Il y avait bien un quatrième larron mais de son propre aveu, il ne voulait pas être l'employé du mois.
C'est donc Jos-90 qui remporta le concours de l'employé du mois, de justesse, la majorité n'ayant pas voté pour lui.
Un soir, le génie de Walmart lui apparut et lui demanda de faire trois souhaits. Il eut un peu envie de rire mais comme il ne riait que rarement, il ne le fit pas. Il savait déjà ce qu'il voulait, il y avait pensé depuis longtemps.
D'abord, il demanda qu'aucun des autres employés ne reçoivent pas de dinde à Noël. Le génie du Walmart trouva qu'il y allait fort mais il lui dit que c'était pas grave parce que lui, il en recevrait une de dinde, bien grasse, nourrie aux États-Unis.
Ensuite, Jos-90 demanda que les autres reçoivent moins de cadeaux que lui. Le génie lui mentionna que les autres ne seraient pas contents et qu'il se retrouverait peut-être seul au Walmart. Alors Jos-90 annonça son troisième vœux : que les autres n'aient pas le droit de sortir du Walmart, même s'ils n'étaient pas content.
Le génie, qui n'était pas vraiment un bon génie, trouva que le plan était diabolique et lui confirma à Jos-90 que ses vœux seraient exaucés.
Quand le gérant du Walmart annonça tout ça aux autres, l'impensable se produisit.
Jumping-Jack se calma le pompon un peu et décida même d'en parler au Nerd. Les deux n'étaient pas d'accord avec ce qui se passait et décidèrent d'aller dépoussiérer leur aïeux, parce qu'ils étaient bien plus populaires qu'eux mais aussi question de les consulter pour la forme. Ils s'enquiquinèrent même avec le dernier luron qui ne voulait pourtant rien savoir du Walmart.
C'est une histoire à suivre. En attendant, le Nerd a beaucoup de difficulté à réprimer son fou-rire. Lui que personne n'aime pourrait bien avoir sa photo dans l'entrée du Walmart...
lundi 24 novembre 2008
86. Concours « En revenant de Rigaud »
Au Tim Horton de Rigaud, j'entends une des serveuses qui dit à l'autre :
- Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Avouez que ça laisse un peu perplexe. Pour le reste de mon beigne, j'ai imaginé les scénarios suivants.
Scénario 1 : On pense toujours au pire, c'est bien connu. Trois filles se sont faites attaquer par un violeur en série. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Scénario 2 : Une clinique de Montréal offre un traitement miracle pour rendre la fertilité aux couples qui éprouvent des problèmes à procréer. Trois serveuses du Tim sont allées suivre des traitements. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Scénario 3 : Nicole Kidman fait la promotion de chutes d'eau en Australie qui feraient des miracles pour rendre la fertilité aux femmes pour qui ça pose problème. Trois amies de la serveuse du Tim Horton de Rigaud sont allées y faire trempette. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte. (Je me dis qu'il doit y avoir une méchante partouze gay en haut de la chute!)
Scénario 4 : La serveuse du Tim Horton de Rigaud a trois chattes. Elles étaient toutes en chaleur en fin de semaine et elles sont sorties malgré sa surveillance. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Scénario 5 : Au lieu de trois petits cochons, l'histoire présente trois petites cochonnes. Et c'est pas en soufflant que le gros méchant loup fait des ravages. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Je crois avoir fait le tour des possibilités. Vous pensez à autre chose?
- Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Avouez que ça laisse un peu perplexe. Pour le reste de mon beigne, j'ai imaginé les scénarios suivants.
Scénario 1 : On pense toujours au pire, c'est bien connu. Trois filles se sont faites attaquer par un violeur en série. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Scénario 2 : Une clinique de Montréal offre un traitement miracle pour rendre la fertilité aux couples qui éprouvent des problèmes à procréer. Trois serveuses du Tim sont allées suivre des traitements. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Scénario 3 : Nicole Kidman fait la promotion de chutes d'eau en Australie qui feraient des miracles pour rendre la fertilité aux femmes pour qui ça pose problème. Trois amies de la serveuse du Tim Horton de Rigaud sont allées y faire trempette. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte. (Je me dis qu'il doit y avoir une méchante partouze gay en haut de la chute!)
Scénario 4 : La serveuse du Tim Horton de Rigaud a trois chattes. Elles étaient toutes en chaleur en fin de semaine et elles sont sorties malgré sa surveillance. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Scénario 5 : Au lieu de trois petits cochons, l'histoire présente trois petites cochonnes. Et c'est pas en soufflant que le gros méchant loup fait des ravages. Y'en a une des trois qu'est tombée enceinte.
Je crois avoir fait le tour des possibilités. Vous pensez à autre chose?
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